Comment calculer la variation du BFR et pourquoi ?

Article écrit par (1446 articles)
Modifié le
19 487 lectures

La variation du besoin en fonds de roulement (BFR), parfois notée Δ BFR, est calculée pour obtenir l'excédent de trésorerie d'exploitation (ETE) ou dans le cadre des tableaux de financement ou des tableaux de flux de trésorerie. Elle permet aussi d'obtenir le free cash flow ou flux de trésorerie disponible.

Le BFR représente les décalages entre les encaissements et les décaissements. Ainsi, une augmentation de cet indicateur est synonyme de diminution de la trésorerie et inversement, puisque sa diminution augmente la trésorerie. Il est aussi synonyme de l'augmentation ou de la diminution des besoins de financement à court terme.

Calculer la variation du BFR 

Pour rappel, le besoin en fonds de roulement s'obtient à partir de l'actif circulant et du passif circulant. Né du décalage entre l'encaissement des ventes et le décaissement des achats, il est généralement positif.

Le BFR négatif apparaît en cas d'encaissement immédiat des ventes avec des achats réglés à crédit ou avec des délais de paiement plus ou moins longs.

Pour calculer le besoin en fonds de roulement, il est possible de distinguer le besoin en fonds de roulement d'exploitation et le besoin en fonds de roulement hors exploitation en faisant la différence entre :

  • actif circulant d'exploitation et passif circulant d'exploitation (ou dettes d'exploitation) ;

On obtient ensuite la variation par la formule suivante :

Δ BFR = BFR année N – BFR année N-1

Comment calculer la variation du BFR ?

Il suffit de faire la différence entre le besoin en fonds de roulement de l'exercice et celui de l'exercice comptable précédent.

Exemples d'utilisation de la variation du BFR en finance d'entreprise

La variation du besoin en fonds de roulement permet de compléter les tableaux de financement et les tableaux de flux de trésorerie. Elle permet aussi de calculer certains indicateurs comme les flux de trésorerie disponible et l'excédent de trésorerie d'exploitation par exemple.

La variation du BFR est utilisée pour le calcul de l'excédent de trésorerie d'exploitation ou de l'excédent de trésorerie global. Le premier représente la trésorerie générée par l'exploitation. Il se calcule à l'aide de la formule suivante :

ETE = EBE - Δ BFRE

Le second représente la trésorerie générée par l'activité (exploitation et hors exploitation).

ETG = CAF - Δ BFR

Dans le cadre des tableaux de flux de trésorerie, il faudra parfois calculer les variations des stocks, des créances et dettes d'exploitation puis des autres créances et dettes pour obtenir, in fine, la variation du BFR.

Notée dans ce cas avec un signe négatif en cas d'augmentation puisque le solde équivaut aux dégagements diminués des besoins, elle s'obtient alors à partir des variations suivantes :

  • stocks ;
  • créances d'exploitation ;
  • dettes d'exploitation ;
  • autres créances liées à l'activité ;
  • autres dettes liées à l'activité.

Toutes ces augmentations ou diminutions cumulées donnent la variation du BFR. Un dégagement est une diminution et un besoin, une augmentation du besoin en fonds de roulement.

L'augmentation des stocks, des créances clients, des avances versées (qui sont des emplois) viennent l'augmenter alors que l'augmentation des dettes fournisseurs (ressources) et la baisse des avances reçues le diminuent.

Enfin, pour calculer les flux de trésorerie disponible, on partira du résultat d'exploitation (auquel on ajoute dotations aux amortissements et provisions ou de l'EBE en retranchant) :

  • l'impôt sur les sociétés calculé sur le résultat d'exploitation ;
  • les investissements nets des désinvestissements (ou investissements - cessions d'immobilisations) ;
  • la variation du besoin en fonds de roulement.

Comment optimiser son besoin en fonds de roulement ?

Pour optimiser le besoin en fonds de roulement, il faut agir sur trois postes, les créances clients, les dettes fournisseurs et les stocks. Les actions les plus courantes sont la diminution des délais de paiement accordés aux clients, l'augmentation des délais de paiement des fournisseurs et la diminution des stocks qui peuvent coûter cher à l'entreprise.



Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...