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Le résultat d'exploitation : le calculer et l'interpréter

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Publié le
Modifié le 27/05/2019
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Résultat d'exploitation

Le résultat d'exploitation est la part du résultat net ou de l'exercice qui correspond à l'activité courante et normale de l'entreprise. C'est la part du résultat qui est dégagée de tous produits et charges financiers ou des événements exceptionnels et de l'impôt sur les bénéfices. En ce sens, c'est un bon critère de comparaison interentreprises.

Il mesure la performance industrielle ou commerciale d'une entreprise.

Que signifie le mot « exploitation » dans cette expression ?

L'exploitation est l'activité qui consiste à « faire valoir un bien, à accomplir les actes nécessaires, selon sa nature et sa destination, à sa mise en valeur : cultiver, louer, placer » (1).

« C'est la mise en valeur d'une source de richesse », le fait d'en tirer profit, de l'utiliser pour gagner de l'argent. Cette source de richesse peut être une usine, un fonds de commerce, un domaine rural, un brevet etc.

(1) Vocabulaire juridique, Gérard Cornu éditions PUF

 

Le résultat d'exploitation se calcule par la différence entre les produits et les charges d'exploitation

C'est une sorte de résultat opérationnel qui apparaît au compte de résultat et dans les soldes intermédiaires de gestion. Il tient compte des facteurs de production et donc de l'activité courante de l'entreprise avant prise en compte des autres éléments du résultat que sont le résultat financier et le résultat exceptionnel. Les deux premiers forment le résultat courant avant impôt ou RCAI.

Le calcul du résultat d'exploitation à partir de la comptabilité

C'est un solde intermédiaire de gestion qui s'obtient par la formule suivante :

Résultat d'exploitation = Produits d'exploitation - Charges d'exploitation

Résultat d'exploitation = (total des comptes 70 à 75 sauf 755 + 781+ 791) - (total des comptes 60 à 65 sauf 655 + 681)

Les produits d'exploitation ne correspondent pas totalement au chiffre d'affaires. Ce sont les ventes de marchandises, la production vendue, stockée ou immobilisée, les subventions et les autres produits (redevances des brevets, licences, revenus de certains immeubles, jetons de présence).

Les charges d'exploitation, ce sont tous les achats courants et normaux, nécessaires à l'entreprise pour bien fonctionner. On peut citer les achats de marchandises, de matières premières et autres approvisionnements comme les emballages, les charges externes comme le téléphone, les honoraires, les impôts, les salaires, charges sociales et les autres charges (redevances des brevets, pertes sur créances irrécouvrables, quotas d'émissions de gaz à effet de serre...).

Il faut y ajouter les dotations aux amortissements et provisions et de leurs reprises ainsi que les transferts de charges, et éliminer les quotes-parts de résultat sur opérations faites en commun.

 

Le calcul à partir de l'excédent brut d'exploitation ou EBE

Le calcul est possible notamment à partir de l'EBE en tenant compte des dotations et reprises sur amortissements, provisions et dépréciations, des transferts de charges et des autres charges et autres produits.

L'excédent brut d'exploitation, ce sont tous les comptes 70 à 74 - les comptes 60 à 64.

Résultat d'exploitation = EBE + variation des amortissements, dépréciations et provisions (compte 781 - compte 681) + transferts de charges (compte 791) + autres produits (comptes 75 sauf 755) - autres charges (65 sauf 655).

Qu'est-ce qu'une quote-part de résultat sur opérations faites en commun ?

Elle se rencontre souvent dans les sociétés dites en participations qui sont des sociétés créées tout spécialement dans le but de mener à bien un projet. Le bénéfice ou la perte est partagé entre les associés et fait l'objet d'une écriture en compte 655 ou 755 chez les associés non gérants du projet.

Exemple : un contrat de coproduction de spectacle ou de film entre deux sociétés.

 

Une analyse de ce solde permet de vérifier le surplus dégagé par l'activité de l'entreprise

Le résultat d'exploitation est la part du bénéfice ou de la perte qui ne tient compte ni des opérations de financement (emprunts et dettes), ni des opérations d'investissement ou de désinvestissement.

Une entreprise peut avoir un résultat d'exploitation négatif (perte d'exploitation) avec un résultat net ou de l'exercice positif à cause de ses placements de trésorerie (résultat financier) ou d'opérations exceptionnelles (une forte plus-value de cession par exemple).

Le solde est positif : la situation est normale et l'activité rentable

Ce solde intermédiaire de gestion doit en principe être positif pour permettre à l'entreprise de rembourser ses intérêts d'emprunts et de couvrir les opérations exceptionnelles lorsqu'elles existent.

S'il est trop proche de zéro, cela peut signifier que le marché sur lequel l'entreprise vend ses produits est saturé ou que l'entreprise rencontre des problèmes (exemple : une forte augmentation du coût des matières premières).

 

Le solde est négatif : c'est mauvais signe

Le résultat d'exploitation négatif est généralement mauvais signe. L'entreprise perd de l'argent sur son c½ur de métier, et sa pérennité peut être compromise. Il faut donc en rechercher les causes à l'aide, notamment d'une comptabilité analytique.

Les ratios qui utilisent ce solde intermédiaire de gestion sont rares

La marge opérationnelle ou marge d'exploitation :

Résultat d'exploitation / chiffre d'affaires hors taxes

La notion de rentabilité des actifs : return on assets ou ROA

Résultat d'exploitation / actif total

Pour ce second ratio, le résultat net peut également être utilisé. On obtient alors Résultat net / Actif total.

Critique du résultat d'exploitation

Les critiques proviennent de certaines analystes qui considèrent que les entreprises ont de trop grandes marges de man½uvre et donc d'interprétation sur certains éléments calculés. Ces éléments sont la valorisation et donc la variation des stocks, les dépréciations et les provisions. La manière de les calculer et les changements de méthodes ont un impact direct.

En règle générale, il est considéré comme étant moins significatif que la valeur ajoutée ou l'excédent brut d'exploitation qui ne tiennent pas compte des charges et produits calculés (amortissements, dépréciations et provisions).

Sandra Schmidt

Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
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