#LesMoulinsEC : quels nouveaux métiers demain ?

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Huitième épisode de notre série d'articles sur la dernière étude des Moulins, « Quels métiers demain ? ». Après avoir défini l'impact de la transformation numérique sur les compétences, le think tank propose une liste de métiers qui émergent ou devraient émerger dans les cabinets d'expertise comptable.

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Le concept même de « métier » sera remis en cause

Demain, les « métiers » de la profession ne seront plus des entités homogènes et quasi-semblables d'un cabinet à l'autre. Ce seront plutôt des assemblages de blocs de tâches que les cabinets emboiteront les uns aux autres pour créer leurs propres « métiers » en fonction des missions qu'ils proposeront à leurs clients. Dès lors, le terme traditionnel de « métier » faisant référence à un ensemble de tâches standardisé sera de moins en moins pertinent et il sera plus approprié de parler de profil-type. 

Les postes ne seront probablement plus définis principalement par le diplôme d'origine, comme c'est le cas aujourd'hui, mais par les briques de compétences des collaborateurs.

Les nouveaux « métiers » de l'accompagnement et du conseil



Le copilote

La mission du copilote consiste à accompagner le dirigeant d'entreprise dans toutes les dimensions de la gestion et du pilotage de son entreprise : réalisation et suivi de budgets, réalisation et commentaires de tableaux de bord, calcul du seuil de rentabilité, calcul des situations intermédiaires, présentation de résultat flash et d‘atterrissage de résultat, gestion du BFR et des créances clients, suivi de trésorerie, coaching du dirigeant d'entreprise, accompagnement RH, etc.

L'assistant administratif

L'assistant administratif prend en charge tout ou partie de la gestion administrative des entreprises. Là aussi, le champ des possibles est très vaste : secrétariat (récupération des documents, classement, réponse, suivi...), gestion des achats (commandes, achats relations fournisseurs...), facturation (devis, facturation, envoi, suivi), relances clients, formation (informatique), domiciliation, etc.

L'expert conseil

L'expert conseil est le professionnel qui prendra en charge les missions de conseil et les missions « hors-pistes » du cabinet. Il sera forcément un expert pointu de son domaine (gestion de patrimoine, transmission d'entreprises, fusions-acquisitions, stratégie d'entreprise, transition numérique, systèmes d'information, cybersécurité, etc.). Le plus souvent, l'expert conseil est un expert-comptable qui a suivi une formation spécifique, ou un consultant spécialisé non expert-comptable.

Les nouveaux « métiers » liés aux technologies

De nombreux « métiers » liés aux technologies vont également se développer dans les années à venir, notamment des « métiers » en lien avec la production, le traitement et l'exploitation de données. Il est naturellement impossible et inutile de citer tous ces « métiers ». Dans un certain nombre de cabinets, plusieurs de ces « métiers » seront exercés par la même personne. 

On peut citer notamment :

  • le Business intelligence manager (BIM), qui met notamment en œuvre des outils de reporting et de visualisation ;
  • le Chief data officer (CDO), qui a la charge de trier les données disponibles, de vérifier leur fiabilité et de faciliter l'accès aux informations pertinentes aux décisionnaires de l'entreprise ;
  • le Data analyst, qui analyse et structure la masse de données collectées par l'entreprise afin d'en dégager les informations utiles aux prises de décision ; 
  • le Data controller, responsable du traitement des données, chargé de la bonne intégration des flux issus des différentes plateformes ;
  • le Data manager, qui a notamment en charge l'analyse et de la « vulgarisation » des résultats pour les rendre accessibles aux non-spécialistes de la data ;
  • le Data protection officer (DPO), chargé d'assurer la sécurité et la conformité des données au RGPD (Règlement européen sur la protection des données) ;
  • le Data scientist, spécialiste de l'analyse des données massives.

Les nouveaux « métiers » internes au sein du cabinet

Si ces « métiers » ont pour vocation de gérer une activité en interne, ils peuvent également apporter le même type de prestations pour les clients du cabinet.

Référent digital du cabinet

Le référent digital accompagne le déploiement des outils au sein du cabinet. Sa mission est à la fois technique (il doit connaître et maîtriser les différents outils) et humaine (il doit porter leur implantation et leur utilisation par les autres collaborateurs du cabinet). Parmi ses principales tâches : assurer une veille permanente sur les outils informatiques susceptibles d'être utiles au cabinet, tester ces outils, participer à la sélection de ceux qui répondent aux besoins du cabinet, embarquer les équipes et accompagner le développement des usages numériques au sein du cabinet, formaliser et diffuser les bonnes pratiques, faire le lien entre le cabinet et les éditeurs, etc.

Responsable de la sécurité des données (et du RGPD)

Le responsable de la sécurité des données aura pour mission d'évaluer la vulnérabilité du système d'information du cabinet et de mettre en œuvre la politique de sécurité de la structure. A mi-chemin entre DSI et collaborateur comptable, il devra connaître la valeur des données comptables, les flux...

Responsable marketing et/ou commercial

Le responsable marketing et/ou commercial aura la responsabilité, en lien direct avec la direction du cabinet, de développer le business du cabinet. Il aura également la charge d'une partie de la relation client au sein du cabinet. Parmi ses tâches, la segmentation du portefeuille, l'analyse des cibles, la conception et la mise en œuvre de la stratégie marketing et/ou commerciale du cabinet, la définition de la politique tarifaire du cabinet, le développement d'un réseau d'apporteur d'affaires, etc.

Et dans les petits cabinets ?

La réflexion peut être légèrement différente, mais est tout aussi essentielle : chaque bloc de tâches constitue un mini-poste, un bout de métier qui n'occupera pas une personne à temps plein, mais juste sur une partie de son temps. Un collaborateur pourra par ailleurs occuper plusieurs de ces nouveaux « métiers ».

Ensuite, après avoir analysé les compétences nécessaires à la réalisation de ces tâches et fait l'état des lieux des compétences disponibles en interne, il conviendra d'affecter certaines de ces tâches à des collaborateurs actuels du cabinet (en les formant bien sûr). Naturellement, cela nécessitera de leur libérer du temps et donc certainement de réaffecter une partie de leurs tâches actuelles à d'autres collaborateurs.

Les petits cabinets seront les plus touchés par l'automatisation. Ils ne peuvent donc pas se permettre de faire l'économie de cette réflexion sur les nouveaux « métiers », quitte à inventer de nouveaux modes organisationnels, de nouvelles façons de faire : externalisation, mutualisation de ressources, etc.

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Julien Catanese Aubier
Directeur éditorial de Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
Diplômé d'expertise comptable, après 7 ans en tant que rédacteur en chef puis directeur de la rédaction Fiscalistes et experts-comptables chez LexisNexis, je rejoins l'équipe Compta Online en juin 2020.
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