Progression de l'activité et de la clientèle des cabinets d'expertise comptable

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Modifié le 04/11/2018
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Le Conseil Supérieur de l'Ordre des experts-comptables (CSOEC) a fait paraître son étude sur la gestion des cabinets d'expertise comptable. Cette édition 2018 couvre la période de 2012 à 2016.

Cette étude apporte des chiffres sur l'activité des cabinets, la clientèle, les ressources humaines, le marketing / la communication / le commercial, la stratégie et le pilotage du cabinet ainsi que les perspectives et l'avenir des cabinets d'expertise comptable.

Elle différencie les cabinets sans salariés (219 cabinets sans salarié) et les cabinets entre 1 et 49 salariés (8 091 cabinets entre 1 et 49 salariés). L'analyse porte ainsi sur 8 310 cabinets de moins de 50 salariés.

Dans cet article nous allons évoquer les parties concernant l'activité des cabinets et la clientèle des cabinets.

L'activité des cabinets d'expertise comptable

Selon l'étude, 60% des cabinets ont vu leur chiffre d'affaires progresser en 2016. Ce chiffre est toutefois à découper en fonction de la taille des cabinets et de la situation géographique.

« L'analyse du chiffre d'affaires des cabinets sans salarié confirme les enseignements des précédentes éditions de cette étude. Le chiffre d'affaires de ces cabinets reste stable. [...] Le chiffre d'affaires moyen des cabinets employant entre 1 et 49 collaborateurs a progressé de 2,8 % en 2016. »

« Le chiffre d'affaires des cabinets franciliens est sensiblement plus élevé que celui des cabinets de province de même taille. [...] Contrairement à ce que l'on observe pour les cabinets sans collaborateur, le chiffre d'affaires moyen des cabinets employant entre 1 et 49 salariés est sensiblement plus élevé en province qu'en Île-de-France. »

Le chiffre d'affaires moyen par client s'élève à 3 000¤ en 2016 pour les cabinets sans salarié et continue de se contracter pour passer sous la barre des 3 000¤ en 2016 pour les cabinets employant entre 1 et 49 salariés.

Les cabinets continuent d'offrir des missions comptables traditionnelles telles que la tenue de la comptabilité, la surveillance, l'établissement des comptes annuels et déclarations fiscales. Les autres prestations délivrées par les cabinets ont peu évoluées. La part du conseil et de l'accompagnement ne représente que 7% du chiffre d'affaires de la profession, comme au niveau des années 2000.

« Les missions comptables traditionnelles représentent encore plus des deux tiers du chiffre d'affaires des cabinets. Une part qui a même légèrement progressé entre 2010 et 2017. Notons toutefois que la part de la tenue tend à (légèrement) se réduire sur la période, alors que celle de la révision progresse. Un phénomène directement lié à la baisse régulière du prix de la prestation de tenue, notamment du fait de son automatisation croissante. »

Répartition du chiffre d'affaires par activité – Comparaison 2010-2016


Source : CSOEC

En ce qui concerne la facturation aux clients, les cabinets continuent de facturer les clients au forfait concernant les missions comptables, fiscales et juridiques. Une différence est de nouveau relevée par cette étude entre les petits cabinets de moins de 50 salariés et les plus gros cabinets de plus de 50 salariés. En effet, 20% des plus gros cabinets facturent séparément la partie conseil en matière de comptabilité, soit deux fois plus que pour les cabinets de moins de 10 collaborateurs.

« Il est intéressant de constater que, sur les missions proches du coeur de métier, ce sont les activités qui sont le plus souvent organisées au sein de pôles dédiés qui ont le plus de facilités à s'extraire de ce mode de facturation au forfait. Près de 60 % des experts-comptables déclarent ainsi pratiquer une facturation à la prestation pour les missions sociales.

La facturation des missions de conseil se fait encore très souvent au temps passé : près de la moitié des cabinets de notre échantillon y a en effet recours. Cela s'explique certainement par l'histoire de la profession, habituée depuis toujours à « vendre du temps ». »

Modes de facturation des cabinets selon le type de mission


Source : CSOEC

La clientèle des cabinets d'expertise comptable

L'étude fait de nouveau la différence pour analyser la clientèle des cabinets sans salarié et ceux qui se composent de 1 à 49 salariés. Le nombre de dossiers traités par les cabinets ne sont pas les mêmes.

Les cabinets sans salarié voit son nombre de dossiers traités stagner en 2016 bien qu'ils aient connu une augmentation de plus de 17% entre 2002 et 2016.

Le nombre de clients d'un cabinet entre 1 et 49 salariés augmente sans cesse et est proportionnel à la taille du cabinet. De ce fait, plus les cabinets sont grands et plus ils peuvent répondre à la demande de la clientèle et engendrer une hausse du nombre de  dossiers traités.

En termes de relation avec la clientèle, près de 75% des cabinets affirment identifier les besoins de leurs clients et profiter du rendez-vous bilan pour faire le point avec eux.

« Inutile de dire qu'une écoute fine des besoins des clients est déterminante pour le développement des cabinets. En effet, si, dans le modèle traditionnel, c'était le client qui sollicitait l'expert-comptable (pour des prestations « obligatoires »). Désormais, ce sont les cabinets qui vont devoir proposer des prestations (non obligatoires) aux chefs d'entreprise. Dès lors, ces prestations devront répondre précisément à leurs attentes, sachant que leurs vraies attentes sont généralement bien plus vastes que la sphère comptable. »

L'étude met également en lumière les enquêtes de satisfaction et le fait que « près de la moitié des cabinets interrogés dans le cadre de cette étude ne dispose d'aucun outil d‘analyse de leur clientèle ».

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Adeline Rocci
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
Je suis passionnée par les ressources humaines et la vie en entreprise, thématiques de prédilection que je traite sur mes articles.
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