Du BEP au DEC : quelles sont les clés de la réussite ?

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Les années peuvent être longues pour obtenir le Diplôme d'expertise comptable, ce n'est pas moins qu'un bac +8. Alexandre Hini, diplômé du DEC de la session de novembre 2019 peut en témoigner car son parcours a duré 16 ans pour arriver à ce diplôme tant mérité.

Il est parti d'un BEP en comptabilité en 2004, pas trop intéressé par les études, ne sachant pas trop vers quelle filière se diriger à cette époque, un peu trublion comme il le dit si bien. Qui pouvait le prédestiner à ce parcours d'études ? « A cette époque, je n'avais pas l'ambition d'aller jusqu'au diplôme d'expertise comptable » avoue-t-il.

En 2015 il obtient son DSCG en alternance puis prépare son DEC en complément de son rôle de président de l'ANECS en 2018.

Quels peuvent-être ses conseils pour réussir et comment a-t-il ressenti son parcours ?

« Je ne peux que conseiller aux étudiants l'assiduité et d'aller en cours pour suivre le programme »

Dans la partie initiale des études de comptabilité en BTS et en DCG, Alexandre Hini ne peut que conseiller l'assiduité et éviter l'absentéisme. « Cela ne sert à rien de travailler 10 heures par jour mais il faut aller en cours et suivre les programmes » précise-t-il.

L'entourage dans les études est également un bon conseil. Il ne faut pas rester seul et le mieux est de tenter de travailler en groupe pour s'entraider. Il conseille également, dès le BTS, de se renseigner sur les manifestations de la profession et à s'ouvrir l'esprit sur l'économie et par le biais de la documentation.

Ensuite, pour la partie DSCG, Alexandre Hini a choisi de commencer à travailler et a passé son diplôme en alternance. La difficulté de travailler et d'étudier s'est fait ressentir, « dans ce cas le choix du cabinet est essentiel. Il n'y a pas un meilleur cabinet qu'un autre, tout dépend de ce que l'étudiant recherche et de sa personnalité. Mais cela va conditionner la réussite au DSCG par alternance ». Comment bien choisir son cabinet ? « Aujourd'hui la sélection s'effectue grâce au réseau, à Internet et Compta Online, à l'ANECS et au CJEC qui se développent énormément ».

Il y a des hauts et des bas, comme dans tous parcours qui est long et fastidieux. « Il y a des jours où on est euphorique, d'autres jours où on va douter et c'est normal. Toujours ce conseil de ne pas rester seul pour persévérer. Je ne suis pas dans le modèle du premier de la classe, mais ce que je sais c'est que j'ai toujours été prêt le jour J ».

Un conseil global pour tous les étudiants en expertise comptable : ne pas viser trop loin. « Les années passent vite et je conseille d'y aller étapes par étapes ». Egalement, à partir d'un certain niveau d'études, il ne faut pas mettre de côté sa vie personnelle et familiale car cela reste l'équilibre essentiel pour une bonne hygiène de vie.

« C'est une fierté d'obtenir le DEC, une source de motivation »

Le parcours pour obtenir le DEC est long et semé d'embûches, chaque candidat le ressent ou l'a ressenti. « La fierté est de dire que nous sommes arrivés à un bac +8. Ce n'est pas reconnu comme un doctorat mais c'est une sacré fierté d'arriver au bout du parcours ».

« J'ai pensé arrêter au milieu du stage en 2017, j'ai vécu un gros moment de doute. C'est difficile de concilier vie personnelle et vie professionnelle ». La lourdeur et la lenteur du parcours peuvent mettre en doute de vouloir ou pouvoir continuer. Est-ce que ce choix de parcours est correct ?

« Après 14 ans d'études je commençais à saturer un peu. C'est mon réseau et de nouvelles opportunités qui m'ont motivé à continuer et à persévérer dans ce milieu. Le réseau m'a sauvé ! J'ai beaucoup donné et j'ai énormément reçu en retour et cela m'a permis de rebondir ».

Une des motivations qu'Alexandre Hini peut citer, c'est ce que son grand-père lui avait soufflé au moment de son choix en BEP : avoir de grandes chances de trouver un travail.

« Quand on va jusqu'au DEC, c'est que l'on a un esprit entrepreneur »

Obtenir le DEC c'est vouloir prendre le risque de créer une société en ouvrant son propre cabinet. L'esprit entrepreneurial est donc bien ancré chez les étudiants qui vont jusqu'au diplôme final d'expertise comptable. « Je pense que la plus grande majorité des candidats qui passent le DEC a pour objectif de devenir entrepreneur et être à son compte » indique Alexandre Hini.

« La profession se diversifie, il n'y a plus que des experts-comptables seulement pour l'établissement des comptes annuels. Des experts-comptables se spécialisent dans la Big Data, des clubs management et marketing qui s'ouvrent et il y a encore des techniciens ».

« J'ai une appétence particulière pour le domaine du marketing et de la communication et j'aimerais approfondir cet aspect. J'ai plein de projets en tête et notamment transmettre auprès des jeunes comme on m'a transmis ».

Et après l'obtention du DEC ? « Je savoure pour le moment de l'avoir obtenu en janvier 2020, je ne veux pas me précipiter mais j'ai la fibre entrepreneuriale donc j'aimerais ouvrir un cabinet à mon image. Mais pas seulement. J'aimerais m'investir pour la profession au niveau des instances, faire du coaching auprès des jeunes et aider les entreprises à vendre des missions autour de la communication. Tout cela en conciliant ma vie personnelle et ma vie professionnelle bien entendu », conclut Alexandre Hini.

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Adeline Rocci
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
Je suis passionnée par les ressources humaines et la vie en entreprise, thématiques de prédilection que je traite sur mes articles.
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