Profession comptable et lutte contre la corruption : une réelle corrélation existe selon l'IFAC

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Modifié le 04/05/2017
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En février 2017, l'IFAC (International Federation Of Accountants), avec l'aide du CEBR (Centre for Economics & Business Research) ont révélé une étude sur laquelle ils travaillaient depuis plusieurs années, intitulée « The Accountancy Profession - Playing a Positive Role in Tackling Corruption ». En d'autres termes, ils ont démontré que le rôle du métier de comptable dans notre société actuelle était plus que jamais important et notamment en matière de lutte contre la corruption.

Ce thème précis n'a pas été choisi par hasard. Le sujet de la corruption est plus que jamais d'actualité. En 2017, il est urgent et important de réguler les fraudes existantes car la confiance des concitoyens est en nette baisse envers les entreprises et leur gouvernement.

Bien que l'étude ait été menée dans le monde entier et pas seulement en France, nous avons jugé intéressant de vous la présenter aujourd'hui de par son écho intéressant dans notre pays.

Au-delà de la perte de confiance, l'impact négatif sur la croissance économique et la baisse des efforts pour réduire la pauvreté - car cela semble voué à l'échec - dû aux corruptions existantes, sont également des signaux alarmants qui doivent nous faire réagir.

Mais alors comment les comptables réussissent-ils à faire barrage à la corruption ? Quelles sont les compétences et qualités dont ils disposent pour mettre à mal les fraudes et tentatives de corruptions ?

Plus il y a de comptables dans un pays, plus la lutte contre la corruption est élevée.

C'est un fait intéressant démontré dans cette étude. Bien que de nombreux facteurs entrent en jeu dans la lutte contre la corruption, la présence et le travail régulier de comptables en est un.

Nous remarquons d'ailleurs que cette influence est d'autant plus grande dans les pays du G20 car elle y est trois fois supérieure. C'est également le cas dans les pays ayant adopté et suivi les recommandations du Financial Action Task Force pour combattre la corruption.

Rachel Grimes de l'IFAC affirme à ce sujet :

La profession comptable tend à créer un environnement éthique afin d'encourager ses membres à s'exprimer lorsqu'ils s'aperçoivent d'une fraude ou d'une corruption.

Une remarque intéressante sur la transparence du secteur !

Quelles compétences et qualités permettent aux comptables d'agir contre la corruption ?

Leur rôle leur permet de prendre part au dialogue de manière légitime et de prendre la parole pour réduire les tentatives de fraudes. Leurs armes essentielles ? L'éthique et la compréhension des responsabilités qui les animent. Selon l'étude, les professionnels comptables se sentent investis d'une mission et rejettent ainsi toute forme de tricherie.

Certaines qualités dont ils font preuve les aident au quotidien à lutter contre ces injustices : la déontologie, l'intégrité, leur formation régulière et enfin la surveillance professionnelle.

Depuis plusieurs années maintenant, les comptables semblent déterminés à réduire la corruption en suivant un code éthique et en respectant les standards internationaux fixés pour un audit complet.

Comment les encourager et les aider dans cette lutte ?

Car les professions comptables ne peuvent pas agir seules, c'est évident la société entière qui est amenée à réagir. Services financiers, pouvoirs publics et chefs d'entreprise tentent ainsi également de combattre la corruption via des règles et des standards de plus en plus stricts.

Pour accéder au niveau supérieur, plusieurs éléments doivent être mis en place :

  • les efforts collaboratifs entre tous les protagonistes tout d'abord afin que ces derniers additionnent leurs compétences sans perdre de temps ;
  • une transparence accrue sur les dépenses ;
  • un encadrement plus conséquent des standards internationaux concernant les rapports financiers, l'audit et l'éthique des entreprises, selon Fayez Choudhury de l'IFAC.

En 2016, Olivia Kirtley de l'IFAC a rencontré les membres de l'OCDE combattant la corruption et a mis en avant l'urgence de ce problème dans notre monde interconnecté et évoluant à vitesse grand V. Le sujet a été mis en avant lors du G20 de 2016. Des décisions devraient être prises très prochainement pour une plus grande transparence et de meilleures règles internationales à suivre.

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Sarah Gillot est Chef de Projet Online Marketing pour Makerist - start-up à Berlin - afin de développer le marché français.