Une start-up bien accompagnée a deux fois plus de chances de se développer

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Tanguy de La Fouchardière, Président de la Fédération France Angels, oeuvre pour la mise en lumière des Business Angels. Il insiste notamment sur leur rôle d'accompagnateurs des créateurs d'entreprise, et pas seulement de financeurs. Un sujet dont il nous parle dans cette interview, parmi d'autres qui nous permettent de mieux connaître le Business Angel.

Introduction

La Fédération Nationale France Angels regroupe, représente et promeut les Business Angels sur l'ensemble du territoire national. Son Président, Tanguy de La Fouchardière, a accepté de répondre à nos questions au sujet de sa fédération, du Business Angel bien-sûr ; et de donner quelques conseils aux créateurs d'entreprise qui nous lisent.

Présentation

Tanguy de La Fouchardière est Président de la Fédération Nationale France Angels. Auparavant Président de Paris Business Angels pendant plus de 6 ans, il côtoie donc de près et depuis longtemps l'écosystème entrepreneurial, mais aussi managérial puisque ses fonctions professionnelles antérieures étaient principalement à des postes de direction générale.

Interview



France Angels, dont vous êtes le Président, regroupe les Business Angels à échelle nationale.
Comment a été créée cette fédération ?
Quels sont ses objectifs ?

France Angels a été créée il y a 15 ans par Claude Rameau et André Jaunay. La fédération fédère les Business Angels et fait la promotion d'une activité qui ne s'exerçait que de manière isolée. Elle ne se substitue pas au travail des réseaux et des Business Angels individuels, qui est de faire se rencontrer entrepreneurs et Business Angels. France Angels permet aux Business Angels de se regrouper et d'être plus forts.

Indépendants, on ne peut pas faire grand chose, par opposition aux réseaux, véritables lieux de rencontre où le nombre rend plus efficace.

J'ajouterais une nuance : les Business Angels s'occupent d'apprentis entrepreneurs, autrement dit des créateurs d'entreprise. L'entreprise n'est pas encore lancée, on ne peut donc pas encore réellement parler d'entrepreneurs.

On a parfois l'impression que le Business Angel est « mystifié » par les entrepreneurs, qui le croient donc inaccessible.
D'après vous, à quoi cela est-il dû ?

Je ne partage pas votre impression. Les récentes années ont montré que même le mot, auparavant mystifié peut-être, est devenu plus connu du grand public et des créateurs d'entreprise. Cependant il y a quelquefois une mauvaise compréhension de qui il est et de ce qu'il apporte à l'entrepreneur.

Le terme Business Angel fait très américain et pouvait paraître mystérieux, surtout qu'il n'existe pas de traduction en français. J'ai coutume de dire qu'entrepreneur n'a pas été traduit non plus par les anglo-saxons !

Les gens du crowdfunding poussent beaucoup à « devenir Business Angel », alors que ce n'est pas la même chose, le contexte n'est pas approprié.

Comment décririez-vous le Business Angel aux créateurs d'entreprise ?

C'est avant tout lui aussi un entrepreneur, qui connaît les problèmes de l'entreprise et qui souhaite investir une partie de son patrimoine dans une aventure entrepreneuriale. Au-delà du capital, il va consacrer du temps à l'accompagnement de l'entreprise, à un moment où elle est encore très fragile.


Le Business Angel est également incontournable grâce à la gratuité de ses conseils, que le créateur d'entreprise n'est pas encore en mesure de financer.

Selon vous, quelles sont les erreurs souvent commises par les entrepreneurs dans leur recherche d'un Business Angel ?

La principale erreur est de ne voir que l'apport du capital. Si l'entrepreneur ne recherche pas conseils, appuis, ouverture de réseaux professionnels, il se trompe de porte. Si on ne cherche pas de conseils, il ne faut pas chercher de Business Angel.

Quels conseils donneriez-vous aux créateurs d'entreprise pour les aider à convaincre un Business Angel de prendre leur start-up sous son aile ?

L'objectif est de faire partager sa conviction que le projet est très bon. Attention, il y a beaucoup de concurrence ! Le Business Angel choisira le meilleur dossier à ses yeux. Pour cela, il faut créer la confiance, être convaincant, être capable d'écoute, accepter le débat et les questions qui peuvent déranger.

Du point de vue du Business Angel, quels sont les arguments les plus aptes à le convaincre de s'occuper d'une start-up en particulier ?

Les 6 points fondamentaux sont : l'offre innovante sur un marché émergent, la maturité du projet, un business plan réaliste sur deux ans, tout en étant ambitieux ; la preuve de concept, une bonne vision de l'utilisation des fonds apportés, et les possibilités de sortie. Au-delà de cela, le point le plus important est la capacité du porteur de projet à être un véritable entrepreneur.

En général, qu'est-ce-que préfère le business angel dans sa collaboration avec l'équipe de la start-up ?

Une confiance partagée. La route va être longue ensemble (entre 5 et 7 ans), donc ce serait invivable sur le long terme si la relation n'était pas basée sur la confiance.

Comment envisageriez-vous l'avenir du business angel, d'un point de vue économique, juridique et/ou managérial ?

Question complexe ! Le point le plus important est son apport comme enjeu économique et social : au stade où nous nous intéressons aux entreprises, elles n'ont pas les moyens financiers de se développer. L'intervention d'un Business Angel les conforte et élimine les risques.

L'innovation est fragile. C'est facile de faire un énième exemple d'un concept déjà existant. Dans la création d'entreprise et d'emploi, l'apport du Business Angel est essentiel.


Sur le plan juridique il n'y a pas grand-chose à dire, c'est de la technique, et aujourd'hui il y a quelques aménagements mineurs à apporter. Pour la dimension managériale, c'est une question de bonne gouvernance.

Il y a eu beaucoup d'études et de partage d'expériences. La démonstration est faite : une jeune société bien accompagnée a deux fois plus de chances de survivre que la moyenne, et surtout elle aura une croissance plus forte.

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L'équipe de la rédaction sur Compta Online