Transition digitale de l'entreprise : et si l'on revoyait notre vision de l'ubérisation ?

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Modifié le 18/09/2018
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Depuis qu'Uber et son nouveau terme « d'ubérisation » sont à la mode, les dirigeants, collaborateurs et salariés ne jurent que par eux ! Challenge permanent, l'ubérisation devient un graal, un mot magique ou maudit, selon le camp d'appartenance. Et si l'on revoyait simplement notre vision de l'ubérisation en la plaçant dans le bon contexte ?

Pour commencer, définissons (à nouveau) ce qu'est l'ubérisation

Issu de la marque Uber, en référence à la concurrence déloyale dont les conducteurs Uber ont été accusés par les chauffeurs de taxi, le terme d'ubérisation s'est généralisé depuis.

On lui accorde cette définition : le risque, voire la menace, lié à l'arrivée rapide sur un marché  en particulier, d'un acteur d'un genre nouveau, avec lequel le digital joue un rôle majeur.

Réalité intéressante, accentuée par les notions de « risque » et de « menace » : l'ubérisation (« disruption » pour son équivalent anglais, que certains préfèrent à la version française) est toujours décrite (subie ?) du point de vue des grandes entreprises, celles qui sont installées sur leur marché depuis de nombreuses années, et qui sont donc habituées à un certain confort économique et sociétal.

Malheureusement pour elles, il faut désormais compter avec le numérique et les startups du genre qui, sans aucune mauvaise intention, transforment rapidement et naturellement l'économie en vigueur grâce à leur nouveau modèle qui bouscule les habitudes des consommateurs, et relègue au second plan l'ancien modèle existant.

Ubérisation : les réactions

En conséquence de notre partie précédente, les dirigeants n'ont qu'une idée en tête : « comment éviter de se faire ubériser ? » La plupart du temps, ils se posent la question trop tard... et se posent alors la mauvaise question !

Plutôt que de craindre l'ubérisation et de vouloir la contrer, pourquoi ne pas « faire avec », et l'intégrer à sa stratégie d'entreprise ? La nouvelle question à se poser serait donc : comment travailler avec l'ubérisation et ses acteurs ?

La rapidité de l'ubérisation des secteurs implique une rapidité des entreprises ubérisées à réagir intelligemment, en se remettant en question avec humilité. Le raisonnement « on était les meilleurs, et on veut le rester » est donc à proscrire !

Certains veulent prendre le contre-pied de l'ubérisation en décidant, en quelque sorte, « d'ubériser l'ubérisation dont ils s'apprêtent à devenir les victimes ». Nouvelle erreur, et échec cuisant à prévoir !

Il suffit de se mettre à la place des « ubérisateurs » : pensez-vous sincèrement qu'avant de lancer leur projet, ils se sont d'abord dit : « nous allons ubériser ce secteur » ? Certainement pas. Comme tout entrepreneur, ils ont d'abord réfléchi à ce qu'allait apporter leur projet à leurs cibles.

Puis, ils ont certainement étudié leur concurrence, en évaluant leur potentiel de réussite face à eux, sans que leur objectif premier soit de les réduire à néant !

Heureusement, certains grands groupes l'ont bien compris : ceux qui rachètent les startups innovantes et « ubérisantes » de leur secteur pour des millions de dollars.

Plutôt que de se sentir menacés, ils ont rebondi en amoindrissant le risque d'être dépassés, avec ouverture d'esprit et agilité ; offrant par la même occasion, un avenir prometteur à la start-up amenée à grandir grâce à eux. Résultat : une intégration, puis une association fructueuses et réussies !

Un raisonnement plutôt logique, à condition de mettre de côté son ego, qui peut rapidement devenir problématique dans ce contexte. Le péché d'orgueil n'est-il pas considéré comme le péché capital le plus grave ?...

A bien y réfléchir, la considération de l'ubérisation par les dirigeants de grandes entreprises ne tient pourtant qu'à cela ! Prenons donc rendez-vous dans quelques mois (ou semaines, en étant optimistes) pour une nouvelle mesure de l'évolution des consciences managériales.

Consulter L'Observatoire de l'Ubérisation pour plus d'informations.