Télétravail ou chômage partiel : attention au stress engendré par le confinement

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L'épidémie de Covid-19 touche la France depuis plusieurs semaines. Pour y faire face, le Président de la République a annoncé le 16 mars 2020 une période de confinement. Cette situation est inédite et elle peut durer plus longtemps que les 2 semaines prévues lors de son allocution.

Pour les collaborateurs qui sont en télétravail ou au chômage partiel, le confinement peut engendrer une situation de stress, d'angoisse et de dépression qui ne doit pas être pris à la légère par les employeurs.

Une durée de confinement de plus de dix jours va générer du stress, de l'anxiété, des insomnies

Travailler à distance ou bien rester chez soi par un chômage partiel oblige les collaborateurs à s'adapter de cette situation. De nouvelles habitudes qui peuvent perturber et stresser.

Une enquête nationale a été réalisée en Chine (plus de 52 000 personnes) pendant le confinement via un questionnaire en ligne. Les répondants ont validé la fréquence de l'anxiété, la dépression et les symptômes physiques. 35% ont présenté un stress psychologique modéré et 5,14% ont présenté un stress psychologique sévère.

Selon la traduction de France Culture : les femmes ont présenté un plus haut niveau de détresse. Sinon, parmi les plus touchés : les individus entre 18 et 30 ans, et les plus de 60 ans. Les travailleurs migrants ont également été très affectés.

Selon Axa Prévention, cette étude montre que le niveau d'anxiété a été particulièrement élevé chez les personnes âgées ou médicalement vulnérables, sûrement lié à la peur de succomber à l'infection. Puis, les femmes, les jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans, les personnes les plus éduquées et les travailleurs émigrés n'ont pas été épargnés par ce sentiment de stress.

Chez les personnes ayant subi une quarantaine, un moral bas (73%) et une irritabilité (57%) sont les symptômes les plus fréquents.

Une autre étude datée du 14 mars 2020 sur l'impact psychologique du confinement est citée par France Culture et qui indique que « le stress pendant la phase de confinement va dépendre, en premier lieu, de sa durée. Une durée de confinement de plus de dix jours, toutes études confondues, est prédictive de syndrome post-traumatique. En quelques mots, cela signifie que cela va générer à long terme du stress, de l'anxiété, des insomnies, on se sent incapable de faire quoi que ce soit... ».

Ce ne sont pas les gens qui ont un problème psychologique à proprement parler : c'est la situation qui crée un trouble.

S'appuyer sur des choses positives autour de soi 

Même si la situation inédite à laquelle nous sommes confrontés paraît angoissante, la passivité et l'impression de ne pouvoir rien faire alimentent l'angoisse qui nous paralyse à son tour. Cela devient un cercle vicieux.

Dans nos vies de tous les jours, il est fait état d'un autre stress, d'une vie qui file à 100 à l'heure, de journées trop longues au bureau, de ne pas profiter de la vie et du temps qui passe.

Cette période de confinement peut être perçue comme un arrêt sur image. En restant positif, nous pouvons considérer que cette période est faite pour profiter de ce que nous n'avons jamais le temps de faire.

Il faut prendre le temps d'appeler ses proches et ses amis, le temps nous l'avons en ce moment. Prendre le temps de jouer, s'amuser, lire, se reposer, réfléchir, jardiner, échanger, se relaxer, se former, etc.

Les psychologues conseillent de s'informer mais de ne pas rester devant les informations qui tournent en boucle, cela pourrait avoir un effet anxiogène. Continuer de s'informer est bénéfique surtout s'il y a des bonnes nouvelles mais pas à outrance.

Petite alarme pour les employeurs et les services RH des entreprises : les effets d'un tel événement ne s'envolent pas immédiatement le confinement levé. Des symptômes ou des comportements peuvent perdurer.

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Adeline Rocci
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
Je suis passionnée par les ressources humaines et la vie en entreprise, thématiques de prédilection que je traite sur mes articles.
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