Taxe de 3% sur les dividendes

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Modifié le 12/10/2017
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La seconde loi de finances rectificative pour 2012 du 16 août 2012 a introduit une contribution additionnelle à l'impôt sur les sociétés au titre des montants distribués ("taxe sur les dividendes").
Codifiée à l'article 235 ter ZCA du Code Général des Impôts ("CGI"), elle est entrée en vigueur à la date de la publication de la présente loi de finances rectificative.

La taxe sur les dividendes est due par les entreprises françaises et étrangères passibles de l'impôt sur les sociétés ("IS") en France. Toutefois, ne sont notamment pas redevables de cette taxe les PME qui répondent à la définition des micro, petites et moyennes entreprises donnée à l'annexe 1 au règlement (CE) n°800/2008 du 6 août 2008 : il s'agit des entreprises occupant moins de 250 personnes, dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50m¤ ou dont le total du bilan annuel est inférieur à 43m¤.

Le taux de la taxe est égal à 3%.

La contribution est perçue au titre des montants distribués au sens des articles 109 à 117 du CGI, incluant notamment les distributions occultes et revenus réputés distribués.

Le texte exclut cependant certaines distributions du champ d'application de la taxe, telles que, notamment, les distributions intervenant au sein d'un groupe d'intégration fiscale.

La taxe sur les dividendes est établie, contrôlée et recouvrée selon les mêmes conditions, garanties et sanctions que l'impôt sur les sociétés. Elle est acquittée spontanément lors du premier versement d'acompte d'IS qui suit le mois de la mise en paiement de la distribution (par exemple, si une distribution est votée le 30 juin N, la contribution devra être acquittée lors du versement de l'acompte du 15 septembre N). Concernant les revenus réputés distribués au titre d'un exercice (i.e. les revenus distribués ne font pas l'objet d'une décision de distribution votée en assemblée générale mais résulte le plus souvent de la requalification d'une dépense par l'administration fiscale, lors d'un contrôle fiscal), la mise en paiement est considérée intervenir à la date de clôture de cet exercice (i.e si l'exercice fiscal coïncide avec l'année civile, paiement de la taxe lors du versement d'acompte du 15 mars suivant).

Par exception, pour les distributions mises en paiement avant le 1er septembre 2012, la taxe sera payée spontanément lors du versement d'acompte d'IS du 15 décembre 2012 (et non du 15 septembre).

Comme l'IS, la taxe sur les dividendes, qui est une contribution additionnelle à l'IS, n'est pas considérée comme une charge déductible pour le calcul du résultat imposable à cet impôt. Toutefois, à la différence de l'IS, les crédits d'impôts, l'imposition forfaitaire annuelle et les déficits fiscaux reportables ne sont pas imputables sur la taxe.

Cette taxe sur les dividendes ne doit pas être confondue avec une retenue à la source. Elle est une charge de la société distributrice (et non de la société bénéficiaire, comme dans le cadre d'une retenue à la source). Cela signifie donc qu'elle ne vient pas en diminution du montant des dividendes versés à l'actionnaire. 

Par ailleurs, comme on l'a vu, l'application de cette taxe ne sera pas limitée stricto sensu aux distributions de dividendes mais couvrira les hypothèses de requalification d'une dépense en revenu réputé distribué par l'administration fiscale. Par exemple, dans la situation où, dans le cadre d'un contrôle fiscal, une dépense considérée comme non déductible du résultat fiscal sur le fondement de l'acte anormal de gestion serait qualifiée de revenu réputé distribué, la taxe de 3% sur les dividendes serait due : outre la remise en cause de la déductibilité de la charge, entraînant le paiement d'un supplément d'IS ou la réduction des déficits reportables, cette taxe devrait être acquittée.

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Clotilde Cattier, avocate spécialisée en fiscalité, inscrite au Barreau de Paris.
Contact : contact@clotilde-cattier.com

Après avoir passé deux ans chez STC Partners et six ans chez Taj (Deloitte), Clotilde a rejoint le cabinet Room Avocats, en Suisse. Elle partage son temps entre Paris et la Suisse.

Ses principaux domaines d'intervention, en fiscalité française et internationale, sont les suivants :

  • fiscalité patrimoniale (restructuration de patrimoine, transmission de patrimoine, acquisition/détention/cession de biens immobiliers, etc.) ;
  • fiscalité des particuliers (imposition des cadres internationaux et des dirigeants, traitement fiscal des pensions de retraite versées sous forme de capital, etc.) ;
  • installation en Suisse de personnes physiques et de sociétés ;
  • fiscalité générale des entreprises (restructurations, assistance à contrôle fiscale, intégration fiscale, problématiques de remontée des liquidités, etc.) ;
  • fiscalité immobilière (fiscalité des marchands de biens et des promoteurs immobiliers) ;
  • fiscalité internationale (transactions transfrontalières, traitement fiscal des flux internationaux, etc.) ;
  • opérations de fusions-acquisitions ;
  • régularisation de la situation fiscale des français détenant des avoirs non déclarés à l'étranger.