Station F, plus grand campus de startups, basé à Paris

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L'ouverture du plus gros incubateur de startups au monde, dont l'idée naquit sous l'influence de Xavier Niel, approche de plus en plus ! Bien que le chantier ait pris du retard, l'ouverture de ce complexe hors norme n'est que partie remise et devrait voir le jour d'ici un petit trimestre.

Mais la Station F c'est quoi ?

La Station F, plus qu'un incubateur géant, c'est avant tout un symbole, le symbole de la dynamique entrepreneuriale française actuelle. Avec 34 000 mètres carrés, 3000 stations de travail, des programmes d'accompagnement de startups, une ouverture 24h/24 et 7j/7, et des milliers de candidatures, le projet du PDG de Free n'a pas d'équivalent en terme de taille dans le monde !

L'initiative de Xavier Niel reflète une réelle demande mais surtout une réelle dynamique qui semble s'ancrer de plus en plus dans le clivage économique français, à savoir l'entrepreneuriat.

En effet, depuis quelques années maintenant, l'entrepreneuriat attire de plus en plus les jeunes Français de toutes formations. Ingénieurs, commerciaux, freelances, tout le monde semble avoir sa chance. Avec des profils de plus en plus variés, les chiffres de l'entrepreneuriat grossissent : en effet on estime qu'environ 50% des jeunes de 18 à 24 ans ont envie de créer leur propre entreprise.

Cette volonté qui ne cesse de s'accroître depuis quelques années semble d'autant plus forte dans la jeunesse française, lassée du classique costume cravate - bureau qui semblait être la norme.

Une volonté globale, des idées concrètes

Mais cet esprit se concrétise également ! Si 50% répondent « oui » à la question

« Actuellement, si vous en aviez la possibilité, auriez vous envie d'entreprendre, c'est à dire de créer votre propre entreprise », 26% affirment avoir un projet innovant et concret.

Au coeur de cette volonté entrepreneuriale, le monde du numérique et des nouvelles technologies semble particulièrement attirer la jeunesse. Pourquoi ? Car c'est la première réelle génération qui a grandi avec internet, le téléphone, les nouvelles technologies.

Boostés par des modèles tels que Mark Zuckerberg, Elon Musk, Peter Thiel et autres Larry Page, certains jeunes souhaitent renverser les normes établies et croquer une part du gâteau. Cela semble être à la portée de tous à condition d'avoir comme munitions la patience, la créativité et la volonté d'entreprendre.

Liberté, flexibilité et indépendance : les trois valeurs qui animent la volonté d'entreprendre

Loin du schéma rêvé par nos parents, il n'empêche que cette dynamique est aujourd'hui une réalité. Il y a une vingtaine d'années, si nous demandions à un jeune diplômé d'une école de commerce ou d'une école d'ingénieur ce qu'il voulait faire de sa vie, bien souvent la réponse s'orientait vers une profession de cadre dans un grand groupe. Une très faible minorité affirmait vouloir être entrepreneur. Aujourd'hui la situation a totalement changée, et l'entrepreneuriat n'est plus la réponse du fou !

Il faut également dire que la conjoncture économique aide. A l'heure où la recherche du premier emploi est de plus en plus difficile et surtout de plus en plus longue, les jeunes ont logiquement tendance à se lancer dans l'entrepreneuriat faute de débouchés.

Ainsi, la volonté entrepreneuriale en France est réelle, ainsi qu'en témoigne le nombre croissant de créations d'entreprises depuis une dizaine d'années : 210 000 entreprises créées en 2000, 330 000 en 2008 et 550 000 en 2011. Cela s'explique en grande partie grâce à la création du statut d'auto-entrepreneur. C'est l'un des régimes les plus couramment choisis par les créateurs d'entreprise.

Néanmoins, si le dynamisme est réel, les freins à l'entrepreneuriat persistent

N'oublions pas que la France est mondialement connue pour sa lourde (trop lourde) fiscalité et son système administratif long, lent, et complexe. Le RSI et l'URSSAF consomment un temps beaucoup trop long pour les dirigeants: c'est du temps perdu pour les auto-entrepreneurs. Le financement est également un problème très important. Les banques sont encore beaucoup trop frileuses face à cette nouvelle demande et exigent des garanties trop importantes (surtout pour les jeunes qui bien souvent n'ont pas ou peu de capital). Les business angels sont trop rares, le capital-risque est insuffisamment développé.

Bref, le principal paradoxe dans tout ça, c'est qu'avec un dynamisme entrepreneurial important, la mentalité globale reste beaucoup trop méfiante et sceptique vis à vis de l'innovation. Nous sommes les premiers à tester les innovations mais les derniers à les créer. Cette mentalité change mais trop lentement.

L'écart entre ce dynamisme et cette méfiance explique sans doute pourquoi selon le classement du site français doingbusiness.org, la France n'est qu'à la 34 ème place des pays où il fait bon entreprendre. De réels efforts sont donc à mettre en place pour que cette dynamique se concrétise et que la France devienne une pépinière d'idées à l'échelle mondiale !

Espérons que l'ouverture de la Station F, reportée à l'été 2017, fera bouger ce petit monde des startups françaises.

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L'équipe de la rédaction sur Compta Online