Saisie comptable : une application qui s'adapte à son utilisateur

Article écrit par (1611 articles)
Modifié le
2 920 lectures

Les algorithmes et l'intelligence artificielle sont présents dans des outils et applications toujours plus nombreux. Ils permettent de résoudre les problèmes, d'automatiser des tâches répétitives et apprennent à l'aide de grandes quantités de données.

On imagine beaucoup moins une application réutiliser les habitudes et manies de ses utilisateurs, dossier par dossier, pour apprendre sans aucun paramétrage préalable.

C'est pourtant ce que propose Chaintrust, un outil de reconnaissance des factures qui s'appuie sur le FEC, ou fichier des écritures comptables, de l'exercice précédent.

Témoignage de Mikael Gandon, CEO et co-fondateur de Chaintrust, expert-comptable mémorialiste et de Robin Tessier, responsable développement chez Chaintrust.

Chaintrust est une application très récente, pouvez-vous nous en raconter la genèse ?

Mikael Gandon : j'ai commencé chez Deloitte au Luxembourg avant de revenir en France dans deux cabinets d'expertise comptable ou d'audit.

Détestant la saisie comptable, j'ai essayé l'une après l'autre les différentes solutions d'automatisation disponibles sur le marché.

À l'été 2018, j'en ai parlé à deux copains. Le premier faisait son doctorat à Polytechnique sur l'analyse d'images détaillées de la Nasa pour faire des modèles prédictif d'éruptions solaires et le second était développeur en ruby et en python.

Nous avons passé un an à polytechnique pour coder nos modèles.

Dès l'été 2019, les premiers clients sont arrivés via le bouche à oreille. S'en est suivi une levée de fonds récente de 600K¤ auprès de Business Angels et de la BPI.

Robin est arrivé pendant le confinement, attiré par le projet et l'histoire de ses fondateurs.

Pourquoi avez-vous choisi ce nom, Chaintrust ?

Mikael Gandon : nous donnons de la confiance dans la chaîne de valeur. Cela n'a rien à voir avec la blockchain. Tout est fait pour donner de la confiance entre le moment où la facture arrive et le moment où l'écriture comptable est réalisée.

Un numéro unique est attribué à chaque écriture comptable. C'est une revue des logs.

Quelles sont les spécificités de l'algorithme et de l'intelligence artificielle de Chaintrust ?

Mikael Gandon : sur Chaintrust, il n'y a pas de paramétrage à faire ou de configuration à créer. C'est le FEC de l'année précédente qui permet de réaliser automatiquement le pré-paramétrage.

L'algorithme reprend les comptes, permet d'en créer de nouveaux et s'adapte à l'utilisateur.

Les habitudes telles que le compte unique pour les paiements par carte bleue ou le détail des lignes sur une facture « Métro » sont automatiquement reprises par l'algorithme.

L'algorithme étudie aussi le compte 6063 pour mettre en immobilisations tout ce qui dépasse la somme de 500¤, ou laisser l'achat d'un smartphone en charges selon les décisions précédentes de l'expert-comptable et ce qui apparaît dans le FEC.

Chaintrust ne traite que ce qu'il est capable de traiter avec une certitude de 100% et apprendra de ses erreurs sur les prochains jeux d'écritures.

S'il s'agit d'éclater la facture dans plusieurs comptes différents, l'outil sera capable de le faire pour obtenir quelque chose d'exceptionnel et traiter ces informations dans des délais très courts.

Qu'est-ce qui différencie Chaintrust de ses principaux concurrents ?

Robin Tessier : la principale différence avec d'autres solutions est le fait que le produit est créé en fonction des retours que font les experts-comptables et leurs collaborateurs.

Il ne s'agit pas seulement de créer un logiciel pour créer un logiciel puis le vendre à l'aide de commerciaux. Le but est de prioriser les problèmes rencontrés par les experts-comptables pour les régler au fur et à mesure dans l'application.

Enfin, l'équipe de Chaintrust est aussi composée de personnes qui ont une formation en comptabilité.

Chaintrust a réalisé une levée de fonds de 600K¤. Comment cela s'est-il passé ?

Mikael Gandon : Au tout début de la création de Chaintrust, nous sommes incubés à X-Up, l'incubateur de l'école Polytechnique qui nous soutient financièrement, le projet est également soutenu par la BPI qui nous accorde la bourse French Tech. Cela permettra de commencer l'aventure.

Début 2020, nous rencontrons Thibaud Elzière et Quentin Nickmans (fondateurs d'eFounders) ainsi qu'Eduardo Ronzano (fondateur de KelDoc) qui nous introduise auprès de Business Angel proche de leur réseau et nous permettent de lever 400K¤.

La BPI qui nous accompagne depuis le début choisit de nous octroyer un financement de 200K¤ grâce à un dispositif de soutien aux technologies novatrices en termes de R&D.

Et pour les projets à venir, que souhaitez-vous développer ?

Mikael Gandon : à court terme, nous envisageons d'ajouter la gestion automatique des devises avec une API qui va chercher le taux directeur de la Banque de France.

À moyen terme, deux projets sont en lice. Il y a d'abord le dashboard pour monitorer le cabinet, les dossiers en cours, les relances clients etc.

Il y a ensuite l'intégration de la banque avec la restitution des écritures lettrées de manière automatique.

Les futurs projets vont dépendre des demandes et remontées des utilisateurs.

Robin Tessier : c'est aussi ce qui différencie Chaintrust des plus grandes entreprises : le focus client.

Nous envoyons régulièrement à nos utilisateurs des questionnaires qui guident notre développement technique en fonction des besoins clients et nous n'avons pas peur de ne pas connaître à l'avance les nouvelles fonctionnalités qui vont être créées.

Nous sommes 100% confiants de notre outil et de son développement, c'est pour cela que nous le commercialisons sans engagement.

Plus d'infos

Découvrir l'application Chaintrust et le label ComptaLab.

_____________________________


Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
Suivez moi sur Linkedin et sur Twitter.