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Quel avenir pour le comptable ?

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Ecrit le : 26/08/2006 22:54 par Lj4
Bonjour,

Le sujet que je vous propose peut paraître provocateur.

Après vingt ans de carrière (douze en cabinet et huit en entreprise), j'ai vu la position du comptable, sinon de la comptabilité, évoluer en entreprise.

D'un coté, la comptabilité a pris une importance prépondérante dans l'entreprise.

D'un autre coté, on a moins besoin de comptable. En effet, les évolutions technologiques ont permis d'une part de réduire sensiblement les effectifs des comptables en entreprise et d'autre part de produire une meilleure information financière.

Je crois pour ma part que l'entreprise n'a pas besoin de comptable connaissant par coeur le plan comptable et ne comprenant pas les opérations qu'ils comptabilisent. J'en ai connu bon nombre au cours de ma carrière.

L'entreprise a besoin de techniciens comprenant bien l'activité de l'entreprise pour enregistrer mieux les opérations, et ne se contentant pas de comptabiliser et de payer des factures.
Ce technicien (que je ne qualifie pas volontairement de comptable) doit pouvoir également intervenir sur la comptabilité budgétaire, les analyses de marge, les analyses prospectives, etc , etc.
La part de la saisie comptable a pris si peu d'importance que certaines entreprises la font faire à l'étranger par des gens sans aucune compétence comptable.
Dans mes services comptables, une part infime des écritures comptables sont saisies. Les autres sont soit interfacées à partir d'autres logiciels, soit intégrées en comptabilité à partir de fichiers de tableur.
Seul un travail à forte valeur ajoutée peut intéresser un chef d'entreprise et justifier qu'il paye des collaborateurs.

Les qualifications actuelles des comptables ne me semblent pas en adéquation avec les besoins des entreprises.
Au cours des études, on apprend la comptabilité plus qu'on ne la comprend.
On n'apprend pas assez aux étudiants à quoi sert la comptabilité.

J'attends vos remarques.

Laurent

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Modérateur Compta Online

Re: Quel avenir pour le comptable ?

Ecrit le : 27/08/2006 12:58 par Fabrice Heuvrard
Je suis d'accord partiellement avec vous.
Je vous prie d'excuser mes propos car je n'ai pas vos années d'expérience et d'activité.
Il est sur que les études commptables ont changé et qu'elles vont changer (cf réforme LMD).
C'est sur on nous fais apprendre des écritures sans nous expliquer réellement à quoi elles servent, mais en "les rabâchant" on vois apparaître des mécanismes (en principe...)
Je pense que les experts-comptables auront toujours besoin de collaborateurs il n'ont pas tous les moyens d'externaliser leurs saisies comptables à l'étranger...
Je pense donc que l'étudiant comptable a donc de beau jour (je suis un peu sarcastique...) en cabinet.
C'est sur que au niveau des entreprises, c'est autrement, mais il faut voir de quoi est constitué la majorité des entreprises en France, essentillement des petits artisans...Quelques PME et forcément nos "champion nationaux", qui n'ont d'ailleurs "nationaux" que le nom et le siège social à PARIS car toute la partie production est délocalisée à l'étranger.
Bref on aura toujours besoin de comptables dans les petites structures.
C'est sur, les nouvelles technologies ont modifié d'une certaine façon le travail des comptables, on leur demande beaucoup plus d'expliquer, d'extrapoler, de conseiller, et non plus se limiter à la saisie et aux paiements des factures.
La profession a évolué , et va évoluée.Mais je pense néanmoins que des bases ont été posé.
Pour voir le point positif de la chose (comme à mon habitude), les comptables auront un travail plus intéressant et enrichissant tant sur le plan professionnel que personnel.
Ce travail deviendra à forte valeur ajoutée et proche du dirigeant.Ce qui implique un haut niveau d'étude et le bagage qui va avec....
Cela me désole de voir les salaires proposés qui ne sont pas en adéquation avec la difficulté des diplômes obtenus.Je suis sidéré par l'attitude des experts-comptables.
Une remarque qui risque de choquer, si il y a moins de professeurs et donc moins d'élèves,il y aura potentiellement moins de monde sur le marché de l'emploi, ainsi ne risque-t-on pas de voir remonter les salaires dès l'embauche?
Si le possesseur du DSCG deviennent rares, les experts comptables devront bien revaloriser les salaires s'ils souhaitent avoir des collaborateurs avec un haut niveau de diplômes.

Je risque de me faire taper sur les doigts mais il co-existe plusieurs problèmes dans la comptabilité: le problème de la rémunération qui n'est pas en adéquation avec les diplômes obtenus, les perspectives de carrières, la composition du travail en lui même, le fait qu'aucune structure étudiante (association) ne s'occupe de la filière comptable, l'attitude négativiste de certains experts-comptables.

Comment voulez vous avoir des gens motivés quand vous les "sous-payés", et que le travail est inintéréssant.

Biensur il existe des gens content de leur travail et de leur rémunération, il ne faut pas tout généraliser....

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Expert-comptable et commissaire aux comptes

Re: Quel avenir pour le comptable ?

Ecrit le : 27/08/2006 16:50 par Gof
Bonjour,

C'est une très bonne question. Sans parler de la notion de salaire, il apparaît que le cursus n'est pas forcement en adéquation avec notre profession.
Si on élargit la question, comment se fait il que les gros cabinets ne recrutent que dans les écoles de commerce. Pourtant éloignées à l'origine de notre métier, leur point fort réside dans leur formation :
- étude pluridisciplinaire : Ces connaissances sont des outils très utiles dans notre profession. Elle permet de mieux gérer certaines situation. De plus, on ne demande plus à un comptable de saisir et établir un bilan, on lui demande d'établir des budgets, de conseiller les dirigeants, etc.
- Stage en entreprise : La connaissance concrète du métier est un atout important. A la fin du DESCF, hormis les 6 semaines de stages (que l'on fait souvent en BTS ou en IUT), les étudiants ont rarement une expérience pour faire valoir une adaptabilité rapide.
Personnellement, je ne sors pas d'école de commerce, mais quand on voit que notre métier demande des personnes de plus en plus techniques, le niveau du DESCF, bien que scolairement difficile est peu utile professionnellement. L'exemple typique que l'on donne est souvent la consolidation ou la fusion, qui apparaît un point clé du DESCF et que l'on fait quasiment jamais en cabinet.
Pour conclure, je pense effectivement que le niveau et trop scolaire et manque de pratique professionnelle.
Cordialement

Re: Quel avenir pour le comptable ?

Ecrit le : 27/08/2006 18:50 par Lj4
Bonjour,

Je fais suite au message d'Icare.

Je crois qu'il se trompe de débat.
La débat lancé concerne l'évolution, la place et le role de la comptabilité et du comptable dans l'entreprise.

Je ne parle de la rémunération. Payer cher un collaborateur ne suffit pas à le rendre meilleur. De plus, un diplome ne justifie pas un salaire.

Laurent

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Modérateur Compta Online

Re: Quel avenir pour le comptable ?

Ecrit le : 28/08/2006 10:09 par Maxime soulignac
Bonjour,

Je manque très certainement de recul, n'ayant qu'une très maigre expérience du cabinet.
Cependant, j'aurais quelques remarques à faire.

Je suis entièrement d'accord avec vous Laurent pour dire que beaucoup de comptables sont des techniciens, nous avons déjà évoqué le sujet ensemble.
Il est clair, que certains comptables se complaisent dans la tenue de comptabilité et n'ont donc aucun regard critique sur ce que cela représente.
Cependant, je me demande si l'Expert comptable n'a pas une certaine responsabilité dans cet état de fait.

En effet, je conviens comme vous que la formation de DESCF est bien trop déconnectée de la réalité et pas assez professionnalisante.
Mais ce défaut est largement connu des experts comptables. Lors de l'embauche de jeunes diplômés, les experts comptables savent pertinnement que leurs connaissances pratiques sont nulles.

Or de quoi s'aperçoit on ? D'un manque cruel de formation de la part de l'expert comptable. En tant que collaborateur, je parle de quelque chose de vécu...
Peut être n'est ce lié qu'à mon cabinet en particulier,mais je constate que l'expert comptable n'assume pas sa responsabilité de formation.
Aussi il est difficile pour un jeune diplômé de repndre du recul par rapport à son travail sans être un minimum orienté.
On demande beaucoup au collaborateur d'être productif. On exige de lui qu'il accomplisse un certain nombre de tâches dans des délais parfois très courts.
Et même lorsque le collaborateur a la chance d'être associé à des missions plus enrichissantes que de la tenue, la formation fait défaut parce que l'expert comptable n'est pas toujours là pour l'assurer.

En tant que collaborateur, j'ai eu la chance de participer à des missions de révision et de commissariat aux comptes. Malheureusement, je pense que mon regard sur ces missions restent très basiques car personne ne m'a vraiment expliqué l'essence de la mission, ses objectifs...
Résultat, vous faîtes du commissariat aux comptes comme un technicien. Le but étant alors de remplir des feuilles de travail comme elles l'étaient en N-1, de vérifier un maximum de documents....L'aspect quantitatif est bien présent, mais pas l'aspect qualitatif.
Personne ne veut assumer la responsabilité de former le collaborateur à avoir un regard critique, à prendre du recul par rapport à son travail.

Donc pour conclure mes digressions, je dirais que l'on ne favorise pas assez l'émergence de vrai experts. La formation scolaire est productrice de techniciens qui sont justes un peu améliorés par le cabinet.
Or il me paraît difficile de devenir un bon expert comptable, ou du moins, un bon comptable au sens d'analyste, de quelqu'un qui peut aider à la prise de décisions...sans être un minimum guidé et formé.

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Expert-comptable à Rouen.

Re: Quel avenir pour le comptable ?

Ecrit le : 28/08/2006 11:07 par Caribou
Bonjour,

Pour réagir aux propos de Laurent, je ne peux que confirmer son analyse. Je suis comptable de formation et après deux ans en cabinet, j’ai intégré des postes en entreprises à des fonctions de cadre comptable et les missions qui m’ont été confiées dépassaient largement la logique d’écriture :
Analyse de la valeur ajoutée, seuil de rentabilité, mix produit…
Et dans les deux services où j’ai évolué un de mes objectifs était de réduire au maximum l’activité comptable en automatisant-externalisant, afin de privilégier l’aspect analyse.
Bien sûr, pour être à l’aise il est nécessaire de jongler parfaitement avec la logique comptable. Et c’est le but d’une formation initiale de qualité. Mais la véritable plus-value se situe ailleurs. Du moins la plus part des chefs d’entreprise le pensent-ils.

Mais pour réagir sur l’aspect formation, je pense qu’il ne faut pas non plus trop en demander au système. Les profs ont déjà énormément de mal à faire intégrer une écriture basique à une classe, alors je ne les vois pas commencer leur cours par « et si on philosophait un peu … ».

Pour illustrer un peu mon propos, un apprenti guitariste commence par plaquer des accords pendant des mois avant de passer aux arpèges et c’est seulement quand les bases rébarbatives sont acquises qu’il peut se mettre à l’interprétation.
Les premiers postes font partie intégrante de la formation d’un comptable et faire du CAC sans comprendre le comment du pourquoi, c’est comme répéter LA RE SOL sur une guitare. C’est moche mais ça porte du fruit.
Et l’enchainement d’expériences variées et de complexité croissante est nécessaire pour prendre de la hauteur.

Par contre je suis choqué par les messages qui laissent entendre que c’est la faute des employeurs (qui feraient de la rétention d’information) si les comptables ne progressent pas.

Un musicien reçoit les bases de sont prof mais très vite il se saisit de son art et peaufine son interprétation à sa manière avec sa personnalité. Je pense qu’il en est de même pour le comptable. Il a la base et en général la littérature à sa disposition (les experts ne mettent tout de même pas les Lefebvre sous clef !). Alors à lui de jouer.

Que diantre, c’est un signe de maturité d’aller chercher le pourquoi par soi- même et si vous attendez qu’on vous livre toutes les analyses clé en main : où est l’intelligence ?

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Caribou
Directeur administratif et financier
Association du secteur social

Re: Quel avenir pour le comptable ?

Ecrit le : 28/08/2006 11:46 par Maxime soulignac
Je crois Caribou que vous avez mal interprété mes propos, où je dois mal m'être exprimé...

Il n'est aucunement question de rétention d'informations, mais je dis qu'il est parfois difficile de comprendre une logique si celle ci ne vos est pas expliquée !!

Lorsque vous faîtes de la révision ou du CAC et que vous faîtes le contrôle du cut off, très bien techniquement parlant ce n'est pas compliqué, mais il est difficile, même avec toute la curiosité intellectuelle possible, de comprendre ce qu'il y a derrière ce contrôle, d'en comprendre les incidences...

Ce que je veux dire, c'est que je pense que les experts comptables ne participent pas toujours de la bonne façon à l'apprentissage de leurs collaborateurs. Ce n'est pas le tout de les faire participer à des missions, de leur faire remplir de beaux tableaux d'analyse des charges, de contrôle des FNP/CCA....il faut expliquer le concept global, dire quelles sont les finalités des contrôles, ce qu'ils doivent permettre de déceler et de mettre en évidence...

Soyez honnête Caribou, reconnaissez qu'un jeune collaborateur ne peut pas à lui tout seul comprendre la portée de toutes les missions, leurs tenants et aboutissants, leurs implications...
Pourquoi par exemple l'EC n'explique t'il pas ses choix lors de la certification des comptes ?

Je peux vous dire qu'il est parfois difficile de comprendre, même si elle est fondée, la décision de certifier alors que le rapport de synthèse contient un certain nombre de remarques qui, sans forcément remettre en cause la validité des comptes, pourraient amener à davantage de questions.
Ces décisions sont prises en vertu d'une logique globale qui n'est pas expliquée.

Enfin, je dirais que ce qui me choque moi, c'est les tabous qui s'exercent autour de l'expert comptable ! Je trouve regrettable de ne pas pouvoir faire une seule remarque sans se faire taper sur les doigts parce que l'on écorne l'image de l'expert comptable.
Je suis désolé si cela vous choque Caribou, mais je constate personnellement, et certains de mes camarades aussi, un manque de formation pratique de la part des EC, et je trouve un peu facile de dire que les jeunes diplômés devraient se documenter seul, que cela va de soi !!

Je ne crois pas que le Francis Lefebvre permette de savoir quand certifier les comptes dans la pratique, quand creuser davantage le détail de certains comptes et quand ne pas le faire, quand considérer que des dépenses personnelles doivent être laissées en compte....
L'expérience pratique n'est pas partagée et c'est un fait. Et même lorsque l'on répéte inlassablement ses gammes, il est des choses qui ne s'apprenne que par le partage...Les tablatures ne vous indique pas ce qu'est l'harmonie, l'interprétation...c'est le prof de guitare qui peut vous en donner les bases !

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Expert-comptable à Rouen.

Re: Quel avenir pour le comptable ?

Ecrit le : 28/08/2006 12:12 par Caribou
Citation
Je peux vous dire qu'il est parfois difficile de comprendre, même si elle est fondée, la décision de certifier alors que le rapport de synthèse contient un certain nombre de remarques qui, sans forcément remettre en cause la validité des comptes, pourraient amener à davantage de questions


Personnellement je me souviens être intervenu sur une mission ou franchement la prise d'inventaire était complètement folklorique. En plus j'avais fait le déplacement le 31/12 et j'étais passablement agacé. Mon opinion sur les comptes de cette société était très négative et j'ai piqué une colère noire quand le CAC m'a dit qu'il allait certifier sans réserve. Bien sûr sans m'expliquer pourquoi. Mais il n'y avait rien à expliquer si ce n'est une prise de risque mesurée qui échappe totalement au débutant.

Vous avez quoi Maxime SOULIGNAC ? 22 ou 23 ans. Je ne suis pas beaucoup plus vieux que vous (29) mais je vous assure que dans les quelques années qui viennent vous allez comprendre beaucoup de choses par vous même. Vous avez l'intelligence pour. Mais je vous conseille de ne pas reprocher à vos patrons le manque de formation.
Ce ne sont pas des professeurs. Un expert comptable n'est pas un prof de guitare que vous payez pour progresser. C'est lui qui vous paye pour faire vos gammes.

Pour finir sur une analyse sociologisante du métier d'expert comptable, la plus part d'entre eux se considèrent comme des self-made-men. Et il n'ont pas vraiment tord. Car il n'existe pas de corps des EC avec une formation et une expérience unique et commune. Chacun arrive au diplôme avec sa propre histoire et avec sa besace qu'il a rempli comme il pouvait piochant les expériences à droite à gauche.
Et il en va de même pour la population des DAF en entreprise.


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Caribou
Directeur administratif et financier
Association du secteur social

Re: Quel avenir pour le comptable ?

Ecrit le : 28/08/2006 12:29 par Patrick
Juste une remarque puisque vous évoquez la formation du comptable.

Je suis totalement d'accord pour dire que le cursus est totalement inadapté, spécialement à la pratique du cabinet comptable qui est tout de même le débouché " normal" pour le jeune titulaire du DESCF ( du moins pour les concepteurs du régime actuel).

Faire une sélection sur le tableau de financement ( le plus difficile possible bien sûr, pour qu'aucun étudiant ne le réussisse et qu'on en soit réduit à donner des points pour quelques chiffres dans les bonnes cases..), élaborer une consolidation que même les correcteurs eux mêmes sont incapables de faire et que l'on réalise en grande entreprise grâce à des logiciels ad hoc et des procédures automatisées est à la fois une aberration sur le plan professionnel et un scandale quand on sait qu'un jeune titulaire du descf n'a aucune connaissance dans des domaines incontournables de l'activité économique concrète...

Deux petites questions sur lesquelles un jeune diplômé DESCF peut s'interroger:

1- Savez-vous et seriez vous capable d'expliquer ce qu'est un bail commercial?

2- A quoi sert un C.F.E?

Le régime actuel ( qui se veut universitaire donc totalement inadapté comme chacun sait, et les professeurs en particulier..) est d'autant plus regrettable qu'il existait une formation excellente avant le régime actuel dit de 1981 : C'était le cursus probatoire, DECS ( qui avait une côte énorme sur le marché du travail) et les certificats supérieurs que l'on préparait PENDANT le stage d'expertise comptable.

On a voulu former des bataillons de grosses têtes: le résultat est là: on ferme les classes de préparation aux examens comptables les unes après les autres faute de candidats; pour la première fois depuis 30 ans le concours de recrutement de professeurs de comptabilité ( CAPET Economie-gestion option B) ne sera pas ouvert l'an prochain, certains jeunes professeurs étant déja payés à ne rien faire...
Les cabinets ne trouvent plus de candidats valables...

Et bien entendu, à entendre le Ministère, tout baigne puisque le nouveau régime est une copie conforme ( seuls les noms changent) du régime 1981...

Patrick


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Professeur agrégé d'économie-gestion, titulaire en Université.
Examinateur au DEC et au DESCF.
Expert-Comptable indépendant en province.

Re: Quel avenir pour le comptable ?

Ecrit le : 28/08/2006 13:09 par Fabrice Heuvrard
Bonjour, je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que les études DPECF,DECF,DESCF ne sont pas du tout en adéquation avec les besoins des cabinets d'expertise comptable (cf consolidation, fusion....)
Bref, en partant dans ce constat, c'est sur que nous ne faisons pas crédibles face aux experts comptables lors de l'entretien , et c'est bien normal.
Mais je pense que beaucoup d'étudiants cherchent :c'est qu'on nous guide les premières années. Moi même n'ayant pas fini mes études, j'angoisse déjà à l'idée de me retrouver seul avec la possibilité de faire des erreurs...
Heureusement la réforme va obliger les étudiants à faire plus de stages professionnels (12 semaines pour le DSCG) ,je pense que c'est positif pourvu qu'on ne fasse pas de stages "café-photocopie".
Je déplore le fait qu'il n'y est plus assez d'étudiants dans la filière et que des classes ferment, cela reflète à mon sens un certain malaise dans la profession...
(préjugés sur le métier?cliché du comptable?déficit d'information vis à vis des jeunes?Problème de la rémunération et de la valorisation personnelle?)
Pour ma part, je fais le DECF dans mon ancien lycée, or je n'ai connu l'existence de cette filière en avril 2004 ,c'est à dire lors de ma terminale et à la veille de mon bac S.
Bref même dans mon lycée, nous n'étions pas au courant de l'éxistence de la filière qui pourtant obtient des résultats satisfaisant chaque année.

Pour revenir sur les propos de Patrick, les cabinets ne trouvent plus de candidats valables: oui nous ne sommes pas formés à la pratique, oui nous sommes jeunes et peut être arrogant.
Mais je pense qu'il faut laisser la chance à chacun et rétribuer à leurs juste valeurs les collobarateurs au bout d'un certain temps et qui auront fais leurs preuves.
J'ai honte de l'attitude des experts comptables qui se trouvent dans ma ville, il ne veulent que des DESCF avec plusieurs années d'expérience, qui plus est payé au SMIC.

Je pense que les étudiants sont victimes du système éducatif, nous n'avons pas demandé à avoir une formation qui soit déconnecté de la réalité,il faut nous pardonnez notre ignorance et nous donner les moyens de parvenir à nos fins.En cela les experts-comptables ont un rôle à jouer.
Et je redis les propos qui fâchent, les experts comptables ont en partie un rôle de formateur, de tuteur,les étudiants ne peuvent pas tout apprendre par eux-même, ce n'est pas possible, nous n'avons jamais été formé pour ça.
Cordialement!

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