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Maintien de salaire légal et absence maladie (fiche de paie)

Fiche de paie détaillée : maladie et maintien de salaire légal
Article écrit par Schmidt Sandra sur Twitter Schmidt Sandra sur LinkedIn (1645 articles)
Modifié le
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Le salarié en arrêt maladie peut bénéficier du maintien de son salaire brut. Ce maintien de salaire légal est prévu par le code du travail pendant 60 jours au moins. Il correspond d'abord à 90% de la rémunération brute puis aux deux tiers.

La crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19 en modifie provisoirement les conditions d'application.

Des dispositions spécifiques subsistent pour certains salariés jusqu'au 31 mars 2021.

Sauf exception prévue dans le cadre de la crise sanitaire, le maintien de salaire se calcule au-delà du délai de carence et après déduction des indemnités journalières de Sécurité sociale. Ces indemnités versées par la Sécurité sociale ne sont pas soumises à cotisations sociales.

Lorsque l'employeur pratique la subrogation, les indemnités journalières versées apparaissent sur le bulletin de salaire. Le salaire maintenu ne peut jamais être inférieur aux indemnités journalières perçues par l'employeur, même lorsque le salarié est à temps partiel.

Le maintien de salaire dépend de la convention collective applicable qui peut prévoir jusqu'au maintien à 100% de la rémunération nette.

 

Synthèse des dispositions provisoires liées à l'épidémie de Covid-19 en 2021

Ces mesures dérogatoires relatives à l'ancienneté (suppression de l'ancienneté d'un an) et au délai de carence de 7 jours ne s'appliquent que dans le cadre de la crise sanitaire. Elles n'ont pas vocation à durer dans le temps. Globalement, elles s'appliquent pour tous les salariés jusqu'au 10 juillet 2020 et pour certains salariés (cas contacts, malades du Covid etc.) jusqu'au 31 mars 2021 inclus.

Un décret n°2021-13 du 8 janvier 2021 prolonge en effet ces dispositions pour les personnes « dites cas contact », qui présentent des symptômes liés au Covid-19 ou sont en attente des résultats d'un test.

Elles bénéficient d'un arrêt de travail sans délai de carence et de l'indemnité complémentaire de l'employeur (maintien de salaire).

Le nouveau décret s'applique à compter du 1er janvier 2021 pour :

  • les assurés personnes vulnérables qui ne peuvent pas être placés en activité partielle ni travailler à distance ;
  • les parents d'un enfant de moins seize ans ou d'une personne en situation de handicap qui fait l'objet d'une mesure d'isolement, d'éviction ou de maintien à domicile qui ne peuvent être placés en activité partielle ;
  • les assurés qui font l'objet d'une mesure d'isolement et sont dits « cas contacts ».

Il s'applique aux arrêts de travail débutant à compter du 10 janvier 2021 pour :

  • les assurés qui présentent des symptômes de l'infection au Covid-19 à condition de faire réaliser un test de détection dans le délai de 2 jours qui suit le début de l'arrêt de travail ;
  • les assurés qui présentent le résultat positif d'un test de détection de SARS-Voc-2.

 

Maintien de salaire brut légal : les conditions à remplir par le salarié

Pour bénéficier du maintien de salaire c'est-à-dire d'une indemnité complémentaire en cas de maladie, le salarié doit respecter 4 conditions.

Il doit d'abord avoir un an d'ancienneté dans l'entreprise sauf exceptions liées à l'épidémie de Covid-19. Ensuite, il doit respecter les conditions prévues à l'article L1226-1 du code du travail :

  • prévenir son employeur dans les 48 heures à l'aide d'un certificat médical sauf cas particulier des victimes d'actes de terrorisme ou de la période de crise sanitaire ;
  • être pris en charge par la Sécurité sociale ;
  • se faire soigner sur le territoire français, dans un pays de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen.

Le certificat médical doit aussi être envoyé à l'assurance maladie si ce n'est pas fait par le médecin lui-même. 

Ensuite, l'employeur remplit une attestation de salaire pour le paiement des indemnités journalières.

L'utilisation des téléservices dédiés aux salariés « cas contact » et personnes symptomatiques en attente des résultats d'un test Covid est possible.

 

La durée du maintien de salaire légal dépend de l'ancienneté du salarié

Le maintien de salaire légal évolue avec l'ancienneté. Il peut atteindre 180 jours d'arrêt pour le salarié qui a une ancienneté de 31 ans au sein de l'entreprise.

L'ancienneté du salarié s'apprécie au 1er jour de l'absence, autant pour le droit à indemnisation complémentaire que pour la durée de l'indemnisation.

Ces durées de maintien de salaire obligatoire s'entendent par période de douze mois et non par année civile.

Le fait que le salarié soit en arrêt pour maladie professionnelle ou pour maladie non professionnelle ne change rien. Seules les indemnités journalières sont différentes dans les deux cas.

Pour rappel, les arrêts maladies dérogatoires prescrits dans le cadre de l'épidémie de Covid-19 bénéficient de conditions particulières.

 

Calcul du maintien de salaire légal sur le bulletin de paie

Le salaire brut à maintenir est celui que le salarié aurait touché s'il avait continué à travailler. Ce décompte dépend de la durée réelle de travail du salarié. Un salarié à temps partiel sera indemnisé en fonction de ses heures normales.

Exemple de calcul d'un maintien de salaire avant déduction des IJSS

Un salarié à temps plein touche 3 500¤ au cours d'un mois qui comporte 21 jours ouvrés ou travaillés. Au cours du mois, il aurait fait 154 heures en tout. Il est en arrêt maladie ordinaire pendant deux semaines, du lundi au dimanche, soit 14 jours d'arrêt.

Nous supposons que toutes les conditions pour bénéficier des indemnités journalières de Sécurité sociale, soit un salaire de 1 015 fois le SMIC au cours des 6 derniers mois ou de 150 heures au cours des 3 mois précédant l'arrêt de travail, sont remplies.

Calcul de la retenue pour absence (méthode la plus favorable au salarié) : 3 500 / 151,67 * 70 = 1 615,35¤

Ce montant correspond à 10 jours ouvrés et l'employeur doit maintenir le salaire à partir du 2ème lundi d'absence.

Calcul du maintien de salaire : 1 615,35 / 10 jours * 5 jours de maintien * 90% = 807,67 * 90% = 726,91¤

Ce mode de calcul sera utilisé pendant les 30 premiers jours de maintien du salaire.

 

La déduction des indemnités journalières de Sécurité sociale

Les indemnités journalières sont perçues par le salarié dès le 4è jour d'arrêt maladie.

Le maintien de salaire légal se fait toujours sous déduction des indemnités journalières de Sécurité sociale sauf dispositions conventionnelles plus favorables.

L'explication est simple : le maintien de salaire de l'employeur est une indemnité qui s'ajoute aux sommes versées par l'assurance maladie. C'est un complément aux indemnités journalières.

Le calcul des indemnités journalières peut se faire par anticipation, sans attendre le décompte de la Sécurité sociale.

Exemple suite

Calcul des indemnités journalières : (3 500 * 3 / 91,25) = 115,07¤ plafonné à 92¤

Salaire journalier de base = 92¤ * 50% = 46¤

Indemnités journalières à déduire : 46 * 7 jours = 322¤

Complément de l'employeur = 726,91 - 322 = 404,91¤

L'employeur déduit les indemnités journalières qui correspondent aux jours pour lesquels il pratique le maintien de salaire. Entre le 4ème jour d'arrêt maladie et le 8è jour, les indemnités journalières sont versées au salarié.

On obtient ainsi ce que certains appellent le salaire brut reconstitué. Ce salaire brut sera soumis à cotisations sociales.

En bas de la fiche de paie, avant le salaire net à payer, apparaîtra le montant net des indemnités journalières de Sécurité sociale.

Il s'agit des indemnités journalières brutes hors CSG et CRDS au taux de 6,70% qui restent à la charge du salarié.

Le montant net imposable sur les IJSS correspond au montant brut - 3,80% de CSG déductible.

En cas d'arrêt de plus de 60 jours, le prélèvement à la source ne s'applique plus sur les IJSS.

 

La pratique de la subrogation par l'employeur

La subrogation par l'employeur est de droit dès lors qu'il verse un complément de salaire. En cas de subrogation, l'employeur n'est pas obligé d'envoyer une DSN événementielle pour la maladie.

La DSN mensuelle permet alors de remplacer la DSN de signalement de l'arrêt de travail ou DSN événementielle à condition de renseigner toutes les données des signalements.

Une inscription sur net-entreprises.fr permet de consulter le bordereau de paiement des indemnités journalières.

En l'absence de subrogation, la DSN événementielle est en principe obligatoire dans les 5 jours qui suivent la connaissance de l'arrêt maladie. Elle permet au salarié de toucher rapidement ses indemnités journalières.

 

Salarié en maladie et maintien de salaire légal avec subrogation : exemple de fiche de paie

Un salarié non-cadre touche la somme de 2 500¤ par mois. Son médecin traitant lui prescrit 30 jours d'arrêt de travail du 8 février 2021 au 28 février 2021 inclus.

L'entreprise compte moins de 11 salariés et le taux AT/MP est fixé à 1,50%.

La mutuelle s'élève à 20¤.

Calcul de la retenue pour absence maladie (méthode de la Cour de cassation)

2 500 * 105 / 140 = 1 875¤

Salaire brut : 2 500 - 1 875 = 625¤

Calcul du plafond de Sécurité sociale

3 428 * 7/28 = 857¤ pour février (+ 3 428¤ pour janvier) soit la totalité en tranche 1

Calcul des IJSS nettes

2 500 * 3 = 7 500¤

7 500 / 91,25 = 82,19¤ inférieur au SJB maximal de 92¤

Nombre de jours de prise en charge : 20 - 3 (carence) = 17

IJSS brutes = 82,19 * 17 * 50% = 698,62¤

CSG sur IJSS = 698,62¤ * 6,70% = 46,80¤ dont 26,54¤ non déductibles

IJSS nettes = 651,81¤

Calcul du maintien de salaire brut

2 500 / 140 * (105 - 35 heures pour 7 jours) = 1 250¤

Salaire à maintenir : 1 250 * 90% = 1 125¤

IJSS à déduire du 10 au 29 février = (20 - 7) * 82,19 * 50% = 534,24¤

 

Exemple de fiche de paie avec absence maladie et maintien de salaire légal

Fiche de paie 2021 avec absence maladie et maintien de salaire légal

Sandra Schmidt

Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
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