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Les nouveaux métiers en cabinet grâce à l'intelligence artificielle

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Benjamin Deplus : « L'humain doit garder le contrôle sur l'IA et la structurer »

Beaucoup estiment qu'entre le moment où l'intelligence artificielle changera totalement le métier de l'expert-comptable et aujourd'hui, il reste du temps pour s'adapter et former les collaborateurs à un nouveau métier, celui de l'accompagnement des clients. En attendant, l'humain conserve une place essentielle aux côtés de l'IA et peut réfléchir à de nouveaux métiers grâce à elle, et pas que l'accompagnement.

Retour sur la conférence des #UE2019 « La maîtrise de la donnée, l'avenir de la profession comptable » avec Julien Billy, expert-comptable et commissaire aux comptes et Benjamin Deplus, co-fondateur de Fred de la compta.

L'intelligence artificielle et l'humain, une union nécessaire

L'intelligence artificielle (IA) impacte déjà de nombreux métiers, l'expertise comptable n'est pas en reste à ce niveau-là. Les tâches automatisables le sont peu à peu et toutes les opérations chronophages peuvent être remplacées grâce à l'intelligence artificielle. Il faut prendre cela comme une opportunité. En effet, l'IA ne fera pas qu'aider l'humain dans son quotidien, « elle facilitera également l'exploitation des données, notamment dans la structuration de celles-ci ».

Alors oui, l'IA va aider les experts-comptables dans leur quotidien. Mais elle aura encore besoin de l'humain pour avancer dans son apprentissage. « L'intelligence artificielle n'arrive pas à gérer les minorités dans sa reconnaissance : cela peut concerner des indications spécifiques sur des CV dans le cadre d'un recrutement ou bien des éléments du plan comptable qui sont très peu utilisés » et qui ne sont donc pas reconnus. L'humain doit ainsi l'aider dans son apprentissage et dans la reconnaissance des informations minoritaires.

D'autre part, « l'IA a besoin de données qui lui sont compréhensibles ». Elle ne cherche pas des données qui sont compréhensibles par un humain, elle a besoin de données simples qu'elle est capable de structurer. « Pour cela, elle a besoin de matières premières comme du texte déstructuré qui doit être classé et labellisé pour qu'elle le comprenne ». Pour donner un exemple, l'intelligence artificielle aura besoin d'un humain pour définir là où les éléments doivent se situer dans une facture, comme la date ou le nom du client.

L'intervention de l'humain reste nécessaire avec l'IA. Même s'il n'est pas sensé vérifier et valider 100% de ce qu'elle exécute. « Par contre il peut combler les blancs et valider les suggestions car l'IA n'a pas réussi à trouver l'information correspondante. Normalement 20% des pièces sont à retraiter partiellement manuellement car il manque des informations ou elles ne sont pas traitées, car elles sont illisibles même pour un humain. Ce sont des rebus ».

Il existe des transitions différentes vers l'intelligence artificielle :

  • hard : transition complète vers l'IA qui est dangereuse car l'IA fait tout et maîtrise les données ;
  • hybride : équilibre entre l'IA et l'humain qui permet de mettre un pied dans cette technologie et l'humain contrôle la donnée à exploiter
  • suggestions : une transition lente de l'IA et tout doit être vérifié par l'humain.

« Quand on parle d'IA on parle de suggestions, l'humain doit garder le contrôle et lui montrer comment elle doit s'organiser et se structurer. L'IA ne remplacera pas encore à 200% l'humain, même Google n'y est pas, donc il y aura encore besoin de comptable pour ajouter des éléments qui manquent ou qui ne sont pas complétés comme une date, un montant de TVA, etc ».

 

L'évolution des métiers dans l'expertise comptable grâce à l'IA

L'humain est encore essentiel pour le bon fonctionnement d'un cabinet d'expertise comptable. Toutefois, grâce à l'intelligence artificielle, de nouveaux métiers vont se créer afin de profiter de cette nouvelle force. L'IA est bénéfique, et il faut savoir en tirer partie pour améliorer son quotidien et la relation avec ses clients. Voici 2 nouveaux métiers qui sortent de l'ombre.

Data structurer

« En informatique, une structure de données est une manière d'organiser les données pour les traiter plus facilement. Une structure de données est une mise en œuvre concrète d'un type abstrait ».

Ce métier est plutôt en back office. Les principales tâches du data officer dans un cabinet ? « Organiser les comptes, organiser les données des dossiers, valider les suggestions de l'IA, compléter les blancs (les zones non extraites par l'IA), valider les propositions et traiter le rebut (valider une date, compléter un compte, changer l'affectation pour une dépense ou une recette) ».

En organisant d'une certaine manière les données, on permet un traitement automatique de ces dernières plus efficace et rapide.

Réviseur de données (data reviewer)

Cette personne intervient en seconde phase, après le data structurer. Un réviseur de données « travaille sur des données fiables qui ont été validées par l'IA et les personnes du cabinet. Il va réaliser les comptes et les données pour les faire parler pour les clients ».

Contrairement au data structurer, le data reviewer est en contact avec la clientèle. « Il sera amené à faire des recherches dans les données des clients du cabinet et il pourra ainsi faire ressortir les écarts d'un client à un autre dans le même secteur ».

Le data structurer et le data reviewer d'un cabinet d'expertise comptable sont-ils déjà dans la profession ? Devront-ils apprendre et comprendre la comptabilité pour travailler dans la data de ce secteur ?

Adeline Rocci

Adeline Rocci
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
Je suis passionnée par les ressources humaines et la vie en entreprise, thématiques de prédilection que je traite sur mes articles.
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