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Les cabinets d'expertise comptable : c'était mieux avant ?

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Et si c'était mieux (qu')avant ?

L'organisation des cabinets d'expertise comptable a beaucoup changé au fil des décennies. De la comptabilité et des DADS à la main aux derniers outils de production et à la DSN, ces changements ne font que s'accélérer.

Beaucoup semblent considérer que c'était mieux avant, que les périodes fiscales étaient moins difficiles ou que la DSN augmente la charge de travail des services paie.

Cette vision idéalisée du passé n'est pas toujours fondée. Témoignage sur l'organisation des cabinets d'expertise comptable à la fin des années 1980 par Philippe Barré, expert-comptable, commissaire aux comptes, consultant et expert financier.

 

La période fiscale, plus facile et moins stressante ?

Écouter la musique de son choix, trouver les experts-comptables qui embauchent, envoyer une liasse fiscale ou communiquer avec ses clients servent d'éléments de comparaison dans le cadre de cette conférence des universités d'été de la profession comptable francilienne.

Avant de répondre à la question « Et si c'était mieux (qu')avant », Philippe Barré s'attache à un certain nombre de tâches de la vie quotidienne des années 1980.

En 1988, écouter son morceau de musique préféré nécessitait de passer chez les disquaires, la comptabilité était faite à la main tout comme les fiches de paie et les déclarations annuelles des salaires. Tout prenait du temps, de quelques minutes à toute une journée pour un rapprochement bancaire qui se passe mal.

Trouver un emploi en cabinet d'expertise comptable commençait par une liste de noms dans les pages jaunes. Les cabinets étaient sélectionnés au hasard par les candidats.

Les écritures comptables étaient copiées sur un cahier envoyé à un prestataire qui créait les journaux, le grand livre et la balance, parfois avec des erreurs qu'il fallait faire corriger.

Les liasses fiscales étaient saisies par des secrétaires sur des machines à écrire avec papier carbone pour les différents exemplaires. Cela pouvait se faire pendant la nuit pour pouvoir faire contrôler les liasses le lendemain par les collaborateurs. La date limite des premières liasses (BNC) était le 28 février et aucun délai supplémentaire n'était accordé.

Les déclarations de TVA étaient faites sur des bandes machines, les fameuses calculatrices avec un rouleau de papier avant d'être remplies à la main, comme toutes les autres déclarations.

La communication avec les clients ne pouvait se faire qu'au moment où ils étaient à leur bureau, à proximité de leur téléphone ou par courrier. Il fallait donc parfois attendre plusieurs jours pour obtenir une réponse.

Les travaux des collaborateurs étaient moins divers et un simple courrier passait par le secrétariat qui s'en chargeait plus ou moins vite en fonction de l'importance du client.

Même avec l'arrivée des premiers ordinateurs, la saisie manuelle a engendré nombre d'erreurs sur l'unique logiciel existant, non programmé pour vérifier l'équilibre des écritures. Respecter le plan comptable et n'oublier aucune case à remplir était une nécessité.

Dans le cas contraire, la balance comptable pouvait être déséquilibrée et il fallait passer du temps à chercher l'erreur.

 

« Rien n'explique mieux le bon vieux temps qu'une mauvaise mémoire »

Cette phrase de Christophe André sert de conclusion à l'intervention de Philippe Barré. Chaque période fiscale est-elle vraiment pire que la précédente comme on peut parfois l'entendre dans certains cabinets ? Ou sommes-nous simplement habitués à obtenir les choses à une vitesse record ? En réalité, les cabinets d'expertise comptable ont bien changé.

Aujourd'hui, trouver un morceau de musique ne prend que quelques secondes sur internet, tout comme le fait de trouver un expert-comptable qui recrute.

Le logiciel comptable interdit la validation d'une écriture comptable incomplète et envoie un message d'erreur.

Les déclarations de TVA et liasses fiscales sont calculées automatiquement à partir de la comptabilité, saisie à la main ou automatisée. Les balances sont toujours équilibrées.

L'automatisation de la saisie limite encore davantage les erreurs humaines, à condition de bien paramétrer le logiciel. Le rapprochement bancaire ne prend que quelques minutes, le lettrage d'une écriture quelques secondes.

Les clients sont joignables à tout moment ou presque sur leur téléphone portable, via internet, un portail collaboratif, une visioconférence, skype, teams etc.

Les travaux sont beaucoup plus variés et les évolutions ne font que s'accélérer. Beaucoup d'entre elles auront encore pour effet d'améliorer le quotidien des professionnels du chiffre.

Sandra Schmidt

Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
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