Le test de dépréciation et ses conséquences

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Le test de dépréciation permet de vérifier qu'une entité ne doit pas constater une perte de valeur. Elle s'ajoute aux amortissements des immobilisations lorsqu'ils existent.

Ce test concerne les actifs, c'est à dire les stocks, les immobilisations corporelles et incorporelles, amortissables ou non etc. et fait partie des travaux de fin d'exercice.

Qu'est-ce que le test de dépréciation ?

En fin de chaque exercice comptable ou à chaque situation intermédiaire, les entreprises sont amenées à vérifier s'il existe pour un ou plusieurs de leurs actifs un quelconque indice de perte de valeur. C'est le test de dépréciation qui permet de le vérifier comme le précise l'article 214-15 du Plan comptable général.

Parmi les principaux indices de perte de valeur qui nécessite la mise en place d'un test de dépréciation :

Les indices externes

Les indices internes

  • la baisse de la valeur de marché de l'actif ;
  • la variation du taux d'intérêt ou de rendement de l'actif.

  • l'obsolescence ou la dégradation physique de l'actif  ;
  • un changement important dans le mode d'utilisation de l'actif ;
  • des performances inférieures aux prévisions.

Le test de dépréciation comptable : comment le mettre en œuvre ?

Si l'un des indices cités plus haut a pu être constaté pour un ou plusieurs actifs, la mise en place du test de dépréciation est dès lors indispensable, celui-ci consiste à comparer la valeur actuelle de l'actif en question avec sa valeur comptable ou sa valeur nette comptable pour les éléments d'actifs amortissables, deux cas sont possibles :

  • la valeur actuelle est supérieure à la valeur comptable ;
  • la valeur actuelle est inférieure à la valeur comptable.

Dans le premier cas : la valeur comptable de l'actif est ramenée à sa valeur actuelle, celle-ci correspond à la valeur la plus élevée entre la valeur vénale et la valeur d'usage. La plus-value latente n'est pas comptabilisée.

La valeur vénale : c'est la valeur que l'on peut obtenir à la suite de la cession d'un actif lors d'une transaction conclue à des conditions normales de marché (net des coûts de sortie) au moment de la clôture des comptes.

La valeur d'usage : c'est la valeur des avantages économiques futurs que peut procurer l'utilisation d'un actif pendant une durée déterminée, ainsi que les avantages économiques liés à sa sortie (la valeur d'usage correspond généralement aux cashs flux attendus par ce dernier).


Dans le deuxième cas : il faut constater une dépréciation puisque la valeur actuelle est devenue inférieure à la valeur nette comptable. La dépréciation correspond à une perte de valeur qui modifie le plan d'amortissement du bien.

Comment est comptabilisée la dépréciation constatée ?

La constatation de la dépréciation lors de la clôture des comptes en fin de l'exercice comptable est exprimée par les écritures suivantes :

  • au débit : la constatation de la charge ou dotation aux amortissements. Il faut débiter le compte 6816, 6866 ou 6876 selon qu'il s'agit de la dépréciation des immobilisations incorporelles et corporelles ou des immobilisations financières ;
  • au crédit : la constatation de la diminution de la valeur de l'actif en question par l'utilisation des comptes. Il faut créditer les comptes 290, 291 ou 296 pour les valeurs mobilières de placement.

Pour rappel

Le montant de la dépréciation = valeur actuelle - valeur comptable.

Si cette dépréciation n'est pas définitive, il convient donc de réaliser quelques ajustements en fonction de la valeur actuelle de chaque actif (évolution des indices de perte de valeur), notamment :

  • la constatation partielle ou totale de la dépréciation existante ;

  • la dotation supplémentaire.

En cas de reprise, les écritures comptables à enregistrer :

  • au débit : l'annulation de ou la reprise sur dépréciation de l'actif par les comptes c'est-à-dire les comptes 290, 291 ou 296 ;
  • au crédit : la constatation de la reprise par les comptes 7816, 7866 ou 7876.


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Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
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