La confiance accordée aux états financiers est importante

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Modifié le 28/05/2019
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Les entreprises, grandes ou petites, sont de plus en plus nombreuses à utiliser différents types de logiciels.

L'ERP unique qui remplit toutes les fonctionnalités a tendance à disparaître même et peut être surtout dans les grandes firmes internationales. Les petites entreprises, elles, utilisent déjà les multiples ressources gratuites ou non que leur proposent le web.

Dès lors que tout ou partie des filiales, établissements ou services utilise ses propres solutions logicielles, complexifiant d'autant la révision et la production de documents comptables, comment être sûr que toutes les données remontent bien en comptabilité ?

Cet aspect propre à l'essor actuel des technologies est la principale raison qui pourrait faire douter de la fiabilité des données financières comme le montre la dernière étude réalisée par Blackline.

La confiance dans les comptes annuels divise dirigeants et producteurs des comptes

Dirigeants et professionnels de la finance n'accordent pas la même confiance aux informations comptables.

Dans l'étude proposée par Blackline, si 100% des dirigeants répondants ont une confiance totale dans les comptes qu'ils utilisent pour prendre des décisions. Ils ne sont plus que 95% dès lors que l'on parle d'exactitude.

Les mêmes taux passent respectivement à 75% et 56% auprès des producteurs des comptes qui ont répondu à cette étude, menée auprès de dirigeants et directeurs financiers de grandes entreprises à travers le monde.

La confiance dans les états financiers des sociétés varie ainsi en fonction de la personne interrogée. Le niveau de confiance est toujours plus élevé chez les dirigeants.

« Cette différence s'explique probablement par la hauteur de vue très différente entre le dirigeant et le producteur des comptes » précise Lucie Bordelais, directeur des ventes chez Blackline. Le producteur des comptes « est à un niveau de détail beaucoup plus bas ».

La confiance dans les comptes est réelle, même si près de 67% des dirigeants ont déjà eu connaissance d'erreurs découvertes après la clôture de l'exercice. Leur principale angoisse dans ce cas est la dégradation de leur réputation auprès des investisseurs.

Ils pointent alors du doigt le fait que les données proviennent de trop de sources différentes avec un processus de collecte et de traitement de données toujours plus complexe. Cette même complexité arrive dans les TPE/PME avec la multiplication des applications métiers. La facturation via un smartphone n'en est qu'un exemple, la multiplication des moyens de paiement en est un autre.

Avec les technologies, le rapprochement des comptes peut-être amélioré dans toutes les entreprises

La conservation d'un climat de confiance est essentielle, avec ou sans les nouvelles applications qui ne cessent de se créer.

« Les entreprises ont de plus en plus de logiciels externes dont les données seront injectées en comptabilité et donc l'exhaustivité, la conformité, la réalité ne sont pas toujours vérifiées » précise Philippe Barré, expert-comptable et commissaire aux comptes.

Cette affirmation réelle dans les grandes entreprises, le deviendra « dans les TPE dans moins d'une décennie ». Car « les nouveaux problèmes sont en partie liés aux nouveaux logiciels ».

Déjà, la comptabilité se transforme de plus en plus en « intégration comptable des données provenant de ces logiciels ». Il faut désormais vérifier que l'intégration est correcte et surtout exhaustive.

Cette vérification est possible à l'aide d'outils de rapprochement des comptes qui existent déjà dans les très grandes entreprises. Ils sont probablement encore à créer dans les TPE/PME pour une automatisation maximale.

La problématique grandissante du jugement dans les comptes des entreprises

Des trois types d'erreurs distingués par les commissaires aux comptes, seul le dernier n'est « pas lié à un traitement mécanique des comptes » précise Jean-Christophe Goudard, Associé Audit chez EY, « c'est le jugement ». Les deux autres types d'erreurs sont les « erreurs matérielles » (significatives) et les erreurs non matérielles. Seules les « erreurs matérielles » obligent à modifier les comptes après la clôture. Elles sont rares.

Le jugement en revanche « est de plus en plus important dans les comptes des grandes entreprises puisqu'il représente 50% de la valeur des bilans ». Ce sont les valeurs incorporelles, comptabilisées en fonction des prévisions, de l'état de la recherche. Dans les comptes, cela peut se traduire par des tests de dépréciation, la valorisation des clients douteux sur la base de statistiques par exemple.

Loin d'être un problème, le jugement professionnel est essentiel pour établir des comptes annuels. « Seule l'absence de justification, de traçabilité des analyses, de validation par la hiérarchie pourraient être répréhensibles » estime encore Philippe Barré.

Le service comptable « est alors le garant de l'information qu'il reçoit, utilise et organise ». Pour y parvenir, les « contenus des postes des collaborateurs du service comptable devront probablement évoluer » conclut Lucie Bordelais.

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Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
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