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La business intelligence ou informatique décisionnelle

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Peut-on valoriser les missions traditionnelles avec la BI ?

Avec leurs compétences en analyse de données, les experts-comptables sont prédisposés pour ce que l'on appelle la Business Intelligence ou l'informatique décisionnelle. Encore trop peu connue dans les cabinets, l'informatique décisionnelle permet d'analyser et d'exploiter les données de l'entreprise, pour faciliter la prise de décisions.

La donnée (ou big data) peut ainsi être vue comme le nouvel actif des entreprises. Elle doit être regroupée, analysée, agrégée et collectée au préalable.

Loin d'une vision photographique des données financières et surtout de la santé économique de l'entreprise (compte de résultat et surtout bilan), il s'agit de passer à une donnée statique à une donnée dynamique ou en live.

Malheureusement, les données sont souvent présentes dans les entreprises sous forme de données non structurées. Y remédier aidera à passer d'une photographie statique du passé, à une analyse dynamique en automatisant les traitements de l'analyse des données.

Retour sur l'une des conférences du 74e congrès de l'Ordre des experts-comptables animée par Olivier Lagrandeur, CEO de Data Inceptio.

 

Business intelligence (BI) : les étapes de mise en place de la gestion des données

Avant de pouvoir obtenir des informations pertinentes à partir du big data et réaliser des visualisations de données, cabinets d'expertise comptable et entreprises doivent se « préparer selon une méthode en 4 étapes ».

La première étape consiste à agréger toutes les données non structurées, présentes dans l'entreprise. « C'est déjà un enjeu en soi », surtout lorsque l'entreprise est de belle taille.

Ces données brutes ou données non structurées doivent ensuite être collectées dans un data lake qui n'a été mis en place à ce jour, que par 7% des entreprises. C'est peu.

Le data lake ou entrepôt de données permettra de collecter toutes les données de l'entreprise, quelle que soit leur provenance. « Il peut s'agir de données financières, non financières, issues du marketing, des ressources humaines, des services commerciaux etc ».

La seconde étape est celle qui « consiste à créer des référentiels stables de données. Seules les données vérifiées seront alors agrégées » dans ce qui deviendra un data warehouse. Les données sont alors destinées à des spécialistes.

Ici, « l'expert-comptable peut devenir un interlocuteur privilégié pour procéder à cette création de référentiels, en vérifiant les données ».

La troisième étape consiste « à croiser les données collectées et à en tirer des conclusions à valeur ajoutée », à la fois pour l'expert-comptable et pour ses clients. C'est ici que l'expert-comptable doit acquérir de nouvelles compétences.

Il doit apprendre à utiliser les outils de business intelligence pour le traitement de la donnée et leur permettre de remplacer excel dans son quotidien.

Les outils de business intelligence aident à croiser tout type de données, depuis n'importe quel système d'information et d'aller beaucoup plus loin qu'excel.

La quatrième et dernière étape est l'adaptation des business modèles de l'entreprise.

« C'est ici que la magie de l'analyse des données opère, c'est là que se trouve la valeur pour les entreprises parce qu'il ne suffit pas de collecter les données ». La collecte et l'analyse des données doit permettre de faire des conclusions sur les modèles d'affaires et les business plans qui peuvent être créés à partir de cette analyse.

Il s'agit de créer de nouveaux produits, de nouveaux marchés, de nouveaux segments de clientèle dans le but de développer l'entreprise cliente du cabinet d'expertise comptable.

 

De la collecte des données à l'analyse : exemple concret

La collecte des données s'automatise par le biais d'internet, des réseaux sociaux, des appareils mobiles, ordinateurs, points de ventes, tablettes etc. « L'entreprise cliente va collecter l'ensemble de ces données non structurées qu'elle trouve dans des logiciels d'analytics, les CRM, son ERP ».

Ces données devront ensuite être traitées et analysées. « C'est la couche la plus complexe. Le plus souvent, les projets CRM et ERP ne sont pas liés. Ils sont encore moins liés à Analytics qui gère les données de parcours clients sur les sites internet. C'est pourtant ce qu'il faut faire ».

Les données issues des trois outils devraient être collectés dans une même base de données, un data lake, pour croiser toutes les données métiers » poursuit Olivier Lagrandeur.

 

L'intérêt de la business intelligence pour l'expert-comptable

L'informatique décisionnelle doit permettre à l'expert-comptable de travailler sur l'optimisation des coûts, l'optimisation du chiffre d'affaires, la smart data, l'analyse prédictive ou prévisionnelle et l'identification d'innovations disruptives pour ses clients.

La smart data permet ainsi une « analyse des données au regard d'un retour sur investissement, en identifiant les produits qui pourraient être vendus, de manière additionnelle parce que d'autres clients les ont achetés. C'est le cross selling, une analyse des données dans le but de proposer des produits similaires.

La data science ou l'analyse prédictive ou prévisionnelle se fait via les algorithmes de prévisions dont disposent les outils de business intelligence.

L'informatique décisionnelle doit ensuite permettre de créer un outil de pilotage personnalisé pour chaque typologie de clients, en fonction du métier qu'il exerce. Il s'agit d'identifier des indicateurs clés de performance ou KPI pour aider à la décision.

C'est une discipline qui est déjà en train de voir le jour dans les grandes entreprises, le corporate performance management pour piloter les entreprises grâce à la donnée sur les critères de performance. Les outils le permettent déjà.

Bien utilisée, « la BI doit permettre de mieux valoriser les missions traditionnelles, de redonner du sens à l'information financière, en donnant des indicateurs de gestion plus rapidement aux clients qui vont pouvoir prendre des décisions ».

« L'expert-comptable doit mieux réfléchir à l'organisation des flux d'information en amont pour être en capacité de délivrer des tableaux de bords dynamiques sous différents angles ».

PowerBI n'est pas le seul outil, même s'il est livré avec office 365. Il a l'avantage d'être gratuit pour les entreprises qui utilisent la suite office, seule la diffusion de rapports nécessite un serveur qui coûte assez cher.

D'autres outils tels que Tableau software, un logiciel concurrent, racheté par Salesforce et Qilk, leur équivalent européen peuvent être cités. Il en existe beaucoup d'autres.

Sandra Schmidt

Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
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