L'Intec, première « École de la profession »

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L'Intec et le Conseil national de l'Ordre des experts-comptables (CNOEC) viennent de signer la toute première convention du label « École de la profession ». Quelles sont les conséquences concrètes pour les étudiants de l'Intec et les cabinets qui les accueilleront ? Plus généralement, quel est l'objectif du CNOEC avec la labellisation d'établissements de formation ?

Lionel Canesi, président du CNOEC et Hubert Tondeur, directeur de l'Intec, répondent à nos questions.

Le Conseil national de l'Ordre et l'Intec viennent de signer un partenariat dans le cadre de « L'École de la profession ». De quoi s'agit-il ?

Lionel Canesi : L'objectif du label « École de la profession » est de créer une communauté d'écoles de l'expertise comptable, au plus proche des cabinets, sur l'ensemble du territoire. Nous comptons déjà plus de 200 établissements labellisées aujourd'hui, et nous atteindrons très bientôt les 400. C'est le socle qui permettra de travailler ensemble sur les questions d'attractivité et d'adéquation des besoins des cabinets avec l'offre de formation. Le Conseil national de l'Ordre lancera ensuite, dans un 3e temps, une grande campagne de communication annuelle pour faire connaître la filière.

Hubert Tondeur est sans doute un des meilleurs spécialistes en France de la filière comptable, et l'Intec est à la fois une école reconnue et un laboratoire d'idées. Il était donc normal qu'elle soit la première labellisée par le CNOEC.

Hubert Tondeur : L'objectif pour l'Intec est de se positionner comme un partenaire de la profession tant au niveau national, qu'au niveau régional mais également au niveau international. Nous formons exclusivement aux métiers de la comptabilité et très spécifiquement pour l'expertise comptable, et ce depuis 90 ans. Nous proposons des formations en présentiel dans plus de 50 centres en France et dans les pays francophones d'Afrique, et nous disposons d'une offre en distanciel avec des cours complets et des séminaires de révision. En ce sens, nous pouvons former des primo-entrants mais également accompagner toutes celles et ceux qui veulent se former tout au long de la vie. A cet égard en France, nous sommes un acteur important des formations financées via le compte personnel de formation (CPF) au regard du caractère modulaire du parcours vers l'expertise comptable. Ce partenariat est un moyen de mieux nous faire connaître auprès des professionnels mais également un moyen de développer des formations à la carte spécifiques en fonction des besoins des cabinets.

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Quelles sont ses conséquences concrètes pour les cabinets et les étudiants ?

Hubert Tondeur : Une des conséquences est la prise en compte des besoins des cabinets et le maillage territorial avec le déploiement de notre offre de licence et de master CCA ainsi que la complémentarité de ces deux formations avec le DCG et le DSCG. Passer de l'une à l'autre de ces formations est un moyen de garder plus de jeunes dans la filière de la formation comptable. Et nous travaillons à la mise en «uvre de formations spécifiques complémentaires pour mieux faire prendre conscience aux étudiants des enjeux de la profession.

Lionel Canesi : Le premier objectif est d'aider la filière à adapter ses formations aux besoins des cabinets. On ne peut tout simplement pas attendre que le Ministère de l'Éducation nationale le fasse à notre place. Nous devons en effet compléter les enseignements obligatoires par des modules complémentaires, en data, ou en information extra-financière par exemple.

L'attractivité n'est pas une question simple, qui se résout d'un coup de baguette magique : c'est un projet d'ampleur, un travail à mener sur les 4 ou 5 années à venir. Mais l'objectif est clair : permettre à nos cons«urs et confrères, ainsi qu'à leurs collaborateurs et futurs collaborateurs de disposer de la meilleure offre de formation possible, sur tout le territoire, au plus proche des cabinets. 

 

Avez-vous noté une évolution des attentes des étudiants de la filière comptable, ces dernières années ? Comment y répondez-vous ?

Hubert Tondeur : Nous avons plutôt constaté une désaffection à l'égard des études comptables. Cela nous a conduit à mener de nombreuses actions : développer l'apprentissage pour promouvoir l'image d'une profession qui embauche, utiliser Parcoursup pour aller chercher les étudiants au plus près du démarrage des études supérieures, développer les formations en ligne, créer des tutos pour éviter les décrochages, créer des cours 100% en ligne... Bref développer les possibilités d'accès, les outils de renforcement des connaissances et multiplier les modalités d'apprentissage.

 

Comment l'Intec a-t-il adapté son offre pour répondre aux nouveaux besoins des cabinets ?

Hubert Tondeur : Au-delà de la subsidiarité entre DCG/DSCG et Licence/Master CCA, c'est la nécessaire mise en distanciel de toute notre offre au-delà de nos webconférences de regroupement. Dorénavant toutes nos formations sont accessibles via un parcours pédagogique de cours en ligne de 71 heures complété par 28 heures de webconférences. Soit 100 heures de formation en ligne et bien sur l'ensemble de nos dispositifs pédagogiques : supports de cours, exercices, contrôle continu. Cela permet aux collaborateurs de suivre des formations sur leur lieu de travail et sans contrainte de temps car nos cours sont à suivre en direct ou en différé.

 

Quelle serait selon vous les principales mesures à mettre en place pour attirer davantage les étudiants dans cette filière ?

Lionel Canesi : Il y a deux priorités. D'abord, adapter le cursus à la réalité des cabinets. On ne peut pas expliquer à des étudiants qu'ils passeront leur vie professionnelle à travailler avec des comptes en T et espérer qu'ils rejoignent notre filière. Par contre, en parlant data ou accompagnement du dirigeant, on les intéresse. Je crois également beaucoup à l'extra-financier comme facteur d'attractivité, car les jeunes ont de plus en plus besoin de sens dans leur métier. Participer à l'évaluation de l'impact sociétal d'une entreprise, et contribuer, d'une certaine façon, à changer le monde, c'est inspirant.

Nous allons aussi lancer une grande campagne de communication annuelle, qui ne visera pas nos clients, mais la seule cible pertinente en matière d'attractivité : le grand public. J'entends par là les parents qui s'interrogent sur l'avenir de leurs enfants, et les futurs étudiants. Le CNOEC mettra les moyens. Nous prévoyons d'engager 4 millions d'€ par an pour cela. 

Je ne doute pas que certains s'élèveront, dans une posture politique, contre cette action. Mais a-t-on, oui ou non, un problème d'attractivité ? Si la réponse est négative, alors effectivement, il ne faut rien faire, ne rien changer, et surtout ne rien tenter. Si, comme je le crois au contraire, l'attractivité est devenu un des sujets majeurs de préoccupation de nos cons«urs et confrères, alors l'institution doit agir. Mon modèle de communication, ce sont les CPA du Québec, qui dépensent 2 fois plus, pour une population de 8 millions d'habitants. 

Hubert Tondeur : L'attractivité d'une filière de formation est le résultat de l'attractivité d'une filière professionnelle et non l'inverse. Mais il faut également créer les facteurs de réussite dans le parcours de formation. Donc ces innovations pédagogiques que nous mettons en place, le déploiement au niveau national de la licence et du master CCA en ligne et en alternance doivent contribuer à rendre les études comptables plus attractives. Une prochaine étape sera certainement l'évolution du cadre d'apprentissage car nous ne pouvons plus nous satisfaire de cours conduisant à un examen. Il nous faut prendre en compte les savoir-être, savoir-faire et faire savoir, les soft skills, qui aujourd'hui sont très largement absents de l'ensemble des dispositifs de formation comptable.

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www.intec.cnam.fr