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En confinement, 44% des salariés en détresse psychologique

Regagner la motivation des collaborateurs : reconnaissance et travail collectif
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Un sondage OpinionWay, pour Empreinte Humaine, société de conseil en qualité de vie au travail et en prévention des risques psychosociaux, effectué entre le 31 mars et le 8 avril auprès de 2 000 personnes démontre que près de la moitié des salariés actifs se sentent en situation de détresse psychologique et un quart présenterait un risque de dépression nécessitant un traitement médical.

44% des salariés donc, et 20% des managers déclarent vivre une détresse psychologique élevée.

Cette étude porte sur les 3 premières semaines du confinement, ce qui peut devenir inquiétant car les semaines se cumulent et cela ne risque pas d'arranger ces chiffres. Cette crise pèse sur le moral des salariés et engendre des répercussions sur l'état de santé psychologique des travailleurs.

 

Des conditions de télétravail non adéquates

D'après cette étude, le télétravail n'est pas le réel problème. Il s'agit des conditions de télétravail qui sont mises en cause. Seuls 45% des sondés disent pouvoir s'isoler.

« Le télétravail n'est pas en soi un facteur de risque, ce sont les conditions dans lesquelles il s'effectue qui présentent des facteurs aggravants pour les salariés », explique Jean-Pierre Brun, cofondateur d'Empreinte Humaine et expert conseil.

60% travaillent dans le salon de leur domicile et 25 % dans une pièce fermée qui n'est, initialement, pas prévue pour le travail, comme une chambre, salle de jeux, etc. Le confinement dans un logement de moins de 40m² est un facteur de risque important, avec 24,6% des répondants qui sont dans une détresse sérieuse.

Par ailleurs, l'enquête observe une détresse élevée plus marquée chez les personnes vivant en couple (20%) ou avec un enfant (22%) que dans le reste de la population (18%). Les femmes sont plus impactées par le confinement puisqu'elles sont 22% à être en détresse élevée contre 14% pour les hommes. Une différence que l'enquête explique par une charge mentale alourdie et un cumul des rôles plus important chez les salariées.

Cette étude montre également que « le travail c'est la santé... mentale ». Chez les individus au chômage total, 25% vivent mal le confinement, contre 20% pour les personnes en chômage partiel et 15% pour les salariés en télétravail.

 

Une perte de la motivation professionnelle

La motivation professionnelle s'est fortement dégradée pour un quart des salariés (24%), un taux qui atteint les 50% pour ceux qui se sentent en situation de détresse élevée.

Lorsque le salarié se sent soutenu par la direction de l'entreprise, ils sont 16% à sentir une détresse psychologique élevée. Ils sont 21% sans accompagnement de leur entreprise.

Sept salariés sur dix estiment que leur entreprise fait au mieux pour aider et accompagner leurs collaborateurs en télétravail. Toutefois, les salariés interrogés se disent, en premier lieu, reconnaissants de leur collègues immédiats (79%) et leurs responsables directs (70%).

« La sortie de la crise doit se préparer dès à présent. Le traumatisme potentiel lié au confinement ne va pas s'évaporer le 11 mai, du jour au lendemain », prévient Christophe Nguyen, psychologue, président d'Empreinte Humaine.

Les solutions envisagées par cette étude pour regagner la motivation des collaborateurs : une reconnaissance et un travail collectif.

« Il est temps de dépasser les uniques numéros verts sans logique de prévention de fond ou les apéros virtuels qui ne sont pas suffisants au regard des enjeux de santé publique et de mettre en place de vrais programmes de santé psychologique des salariés et des managers impliquant en premier lieu l'engagement des comités de direction.

La situation est inédite pour tout le monde, des solutions sont possibles, les principes de précaution doivent s'appliquer. La grande majorité des entreprises font preuve de soutien.

Sur le plan des risques psychosociaux, il est urgent de développer une culture de sécurité psychologique. A l'heure où les entreprises se projettent dans le déconfinement, cette étape doit prendre en compte l'état psychologique des personnes pour réussir » conclut Christophe Nguyen.

Adeline Rocci

Adeline Rocci
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
Je suis passionnée par les ressources humaines et la vie en entreprise, thématiques de prédilection que je traite sur mes articles.
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