*Datas des experts-comptables : sommes nous assez agiles ?
CEGID

Datas des experts-comptables : sommes nous assez agiles ?

Le défi des experts-comptables dans l'exploitation des données
Article écrit par (15 articles)
Modifié le
1 712 lectures

Quand un expert-comptable compare les données (datas) au pétrole, je comprends que l'on puisse s'interroger...

Mais quand le premier Chief Data Officer de SNCF Réseau, Stéphane de Paris nous explique : « En bout de gisement, on fournit un « carburant haute performance », plutôt qu'un « pétrole brut » – que l'on retrouve en sortie de Data Lake -, qui pour être consommé a besoin d'être traité, raffiné », certes il y a une certaine satisfaction mais au delà on comprend que l'exploitation des données des experts-comptables (et de leurs clients !) est un SACRÉ DÉFI !

Bien sûr nous sommes habitués à traiter des données comptables pour créer des FEC Fichiers d'Écritures Comptables, à établir ensuite les bilans et autres liasses fiscales, à les stocker, nous allons même jusqu'à établir des statistiques, des comparatifs, mais nous sommes bien loin d'exploiter les données et surtout d'utiliser les ressources de l'Intelligence Artificielle.

Les articles relevés dans ce site Data Analytics Post montrent l'étendue du chantier à mettre en œuvre : moyens techniques, moyens humains, moyens financiers, sans parler du facteur temps !

Rien que sur ce dernier point, après la réflexion lancée, pour chaque problème à régler il est question de deux à trois années pour apporter une réponse, et on parle là du cas d'une grande entreprise et non d'une profession « éclatée » (tant par le mode d'exercice que sur un plan politique) ce qui ajoute une difficulté majeure.

Alors que Elisa Tomasini-Bartoli écrit fort justement : « La révolution de l'IA va très vite. Si on ne prend pas le virage, on est mort. » (Le Lab50). Tout se passe comme si l'on se satisfaisait de travaux de réflexion certes de qualité, de « tests d'hypothèses dans des cadres restreints ».

L'expert-comptable « retiré du circuit, mais pas tout à fait » que je suis s'interroge : une PROFESSION (de surcroît réglementée) peut-elle être aussi « agile » qu'une véritable entreprise ? Peut-elle réagir, décider, investir, innover aussi rapidement que n'importe qu'elle entreprise ?
Peut-elle surmonter plus facilement les difficultés décrites pour les entreprises dont le circuit de décision est naturellement plus court ?
Peut-elle assurer le financement d'un tel projet qui se chiffrera à plusieurs dizaines de millions d'euros (ReceiptBank a réalisé une levée de fonds de 63 millions d'euros !) ?
Le temps passant pourra-t-elle attirer, ceux-ci devenant de plus en plus rares,  les talents nécessaires à la réalisation de son objectif ?
Le temps de la réflexion étant largement passé pour les banques et les assureurs, par exemple, qui œuvrent sur des  données assez proches, n'ont-ils pas pris plusieurs longueurs d'avance ?
Les nouveaux venus dans le « secteur comptable » QuickBooks, ReceiptBank, ne sauront-ils pas exploiter les datas qu'ils collectent avant nous ?
Des experts-comptables particulièrement brillants qui doivent également assurer le fonctionnement de leur cabinet peuvent-ils être aussi disponibles que les fondateurs d'une start-up qui consacrent, eux, 100% de leur temps à leur projet ?

Il paraîtrait que « poser la question c'est déjà y répondre »...

A suivre...

Serge Heripel
Serge Heripel sur Twitter Serge Heripel sur LinkedIn

Serge Heripel est expert-comptable retraité et vice-président de l'organisme mixte de gestion agréé France Gestion.

Twitter   Facebook   Linkedin

RECEIPT BANK