Coronavirus : faire face aux mesures de confinement

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La manière dont les cabinets d'expertise comptable vont s'en sortir avec une crise sanitaire en pleine période fiscale pourrait bien dépendre de leur état d'avancement en matière d'automatisation et de travail collaboratif.

Paradoxalement, la crise sanitaire risque en plus d'avoir un effet d'accélérateur dans les cabinets les moins avancés.

Car comme le rappelle Laurent Benoudiz, président du CROEC de Paris IDF, « pour les cabinets bien avancés, la perte de productivité sera faible dès lors que les collaborateurs peuvent travailler de chez eux ».

La crise du coronavirus a lieu en pleine période fiscale, le pire moment pour les comptables et les experts-comptables.

Toutes les entreprises sont touchées et il faut en plus les accompagner. C'est une charge de travail supplémentaire dont beaucoup de cabinets se seraient bien passés.

Retour sur l'organisation des cabinets avec Laurent Benoudiz.

L'organisation du cabinet lorsque le travail collaboratif est possible

C'est la situation des cabinets les mieux équipés pour le travail collaboratif. L'accès est possible aux serveurs distants en mobilité et ils restent efficaces malgré la crise sanitaire.

Tout est accessible à distance, les pièces comptables sont numérisées par les clients, les extraits de compte sont récupérés automatiquement etc.

Dans ce cas, « le lieu de travail des collaborateurs n'a pas d'importance et même les rendez-vous physiques ne sont pas nécessaires ». Tout peut se faire à distance et le cabinet d'expertise comptable est relativement peu impacté par la crise sanitaire.

Il continue d'accompagner ses clients à distance et peut avancer dans ses travaux habituels.

L'organisation du cabinet qui n'a jamais mis en place le télétravail

C'est pour les cabinets d'expertise comptable qui ne sont pas structurés pour le télétravail que tout se complique. La crise actuelle n'est pas compatible avec l'organisation classique des cabinets qui nécessite pas mal de contacts humains et une présence physique dans les locaux.

Ces cabinets doivent « limiter les déplacements chez les clients pour récupérer les pièces comptables, anticiper les éventuels problèmes de distribution du courrier » explique Laurent Benoudiz.

Ils doivent aussi gérer les relations avec les collaborateurs et leur éventuel absentéisme, lié par exemple à la fermeture des écoles.

Pour s'en sortir en période fiscale, ces cabinets vont devoir « repousser le traitement de la comptabilité à plus tard voire même certains bilans qui pourront toujours être déposés après les délais ».

Ces cabinets peuvent « se retrouver dans une situation exceptionnelle, incapables de produire » les livrables habituels dans les délais. Et ce n'est pas seulement parce qu'ils ne peuvent peut-être pas travailler normalement, c'est aussi parce que leurs clients ne peuvent pas leur fournir les pièces comptables indispensables.

Ils « doivent se concentrer sur l'accompagnement de leurs clients dans la crise. Il s'agit de « les aider pour les urgences dans ces moments difficiles » estime encore Laurent Benoudiz.

L'important désormais, est de faire des demandes d'activité partielle, de décaler les échéances et les emprunts bancaires des clients en difficultés.

À ses yeux, le reste peut attendre les mois d'avril et mai, au cours desquels il redeviendra possible de rattraper son retard.

Dans un tel cas, « il faudra probablement passer en mode comptabilité d'hier ».

Gérer le cabinet comme une entreprise : utiliser les dispositifs mis en place

Les mesures exceptionnelles qui sont mises en place peuvent durer. Personne ne sait combien de temps il faudra pour limiter la propagation du virus.

« L'absence de visibilité oblige à mettre en place des mesures de précaution, à hiérarchiser les priorités ».

Cela ne doit pas empêcher ses confrères et cons½urs de « penser aussi à leur cabinet en utilisant le dispositif d'activité partielle, le décalage de trésorerie pour faire face à l'absence de visibilité actuelle etc. ».

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Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
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