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Consolideur : un métier spécifique au cœur des entreprises

Quand la filière de l'expertise comptable mène à la consolidation
Article écrit par Schmidt Sandra sur Twitter Schmidt Sandra sur LinkedIn (1611 articles)
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Le métier de consolideur se pratique dans les groupes de sociétés, des sociétés de belles tailles, dont le siège social est situé en France ou à l'étranger, qui ont l'obligation d'établir ce que l'on appelle des comptes consolidés du groupe.

De formation comptable supérieure, parfois après une école de commerce, titulaire d'un DSCG, d'un master CCA ou du diplôme d'expertise comptable, le professionnel acquiert un certain nombre de compétences sur le terrain, en complément des formations pour devenir consolideur.

Outre les spécificités techniques du métier, le consolideur doit être capable de communiquer en anglais avec les contrôleurs de gestion et DAF du monde entier et connaître les normes comptables françaises, les normes comptables internationales (IFRS) et parfois même américaines selon la taille du groupe.

Après quelques années d'expérience, le consolideur peut évoluer dans son métier en prenant des responsabilités d'encadrement d'équipe ou changer de profession pour s'orienter vers le contrôle de gestion, la gestion de trésorerie ou le métier de DAF par exemple.

Témoignage de Pascal Roussin, trésorier de l'association ECE, l'institut des diplômés d'expertise comptable en entreprise, qui exerce cette fonction de consolideur depuis de nombreuses années.

 

Le métier de consolideur : au-delà des données comptables et financières

Le professionnel chargé de la consolidation, n'est pas qu'un spécialiste des techniques comptables et de gestion et des logiciels métiers.

Les différents fuseaux horaires des sociétés membres du périmètre de consolidation font « qu'il est possible de travailler le matin avec la Chine et le soir avec les États-Unis » pour respecter le calendrier de production des comptes consolidés. Le planning peut être très serré et obliger à transmettre les liasses de consolidation dans les 6 premiers jours ouvrés pour une validation des comptes consolidés à J+8 et ceci, chaque mois.

Certains travaux sont spécifiques au métier de consolideur. Il s'agira de contrôler les informations et les flux, de vérifier la cohérence des chiffres et d'effectuer les rapprochements des comptes intragroupes, de valider le tableau de variation des capitaux propres consolidés.

La connaissance de l'anglais et la capacité à s'adapter aux différentes cultures sont indispensables. « Lorsque les filiales chinoises facturent au moment de la livraison de la marchandise chez le client ou que certaines filiales tiennent une comptabilité de trésorerie, il faut être capable de leur demander des ajustements pour obtenir les données correctes dans le bon référentiel comptable » (normes internationales IFRS, normes françaises ou US GAAP).

 

Spécificités du métier et compétences à acquérir : consolidation, reporting financier, communication

« En début de carrière, l'absence d'expérience et de connaissance des différents logiciels à utiliser peut être un frein pour entrer dans la profession même si cela vaut généralement pour tous les métiers » estime Pascal Roussin. Le plus difficile est donc de trouver un premier poste en consolidation des comptes, avec ou sans offres d'emploi disponibles.

Viennent ensuite l'apprentissage des logiciels et la pratique de l'anglais. Car « quand bien même le niveau en anglais est bon, il peut être difficile de s'adapter à la culture et de comprendre les accents des personnes qui parlent anglais dans les différents pays ». Il faut donc savoir communiquer avec les différents services mais aussi avec les différentes entités du groupe.

L'apprentissage et la connaissance des différents logiciels tels que BFC SAP, HFM, Opéra, Sigma Conso pour n'en citer que quelques-uns ne peut venir que de la pratique, « idéalement de l'implémentation d'un nouveau logiciel de consolidation au sein du groupe » ou en faisant des formations.

« Ces particularités et la multiplicité des compétences à acquérir font que les profils des consolideurs sont rares et très demandés sur le marché du travail pour faire des missions en CDD, en management de transition ou sur des postes fixes ».

 

Obtenir un poste de consolideur et évoluer dans ce métier

Pour obtenir un poste de consolideur, il peut parfois être opportun de commencer dans un petit groupe de sociétés françaises. C'est ce qu'a fait Pascal Roussin après avoir obtenu son diplôme d'expertise comptable.

D'un groupe français, il est passé à un groupe anglo-saxon dans lequel il apprendra le reporting financier avec les méthodes anglo-saxonnes.

Au cours de sa carrière, il changera plusieurs fois de groupes ou de secteurs d'activités, lui permettant de gérer une petite équipe au sein d'un service consolidation.

Le métier de consolideur fait appel à des compétences techniques diverses :

  • connaissance des normes comptables ;
  • connaissance du calcul de l'impôt société dans chacune des sociétés du groupe ;
  • élaboration du tableau de flux de trésorerie et de la variation des capitaux propres consolidés ;
  • reporting du compte de résultat par nature et destination, par produits, par Business Unit, par activités, par analyse du besoin en fonds de roulement et de la trésorerie ;
  • justification des dettes financières et des investissements productifs et incorporels...

Il est donc très complet et permet d'évoluer au sein de différents métiers dans sa carrière professionnelle.

Sandra Schmidt

Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
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