Calculer les intérêts courus en fin d'exercice

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Modifié le 18/04/2019
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Le calcul des intérêts courus fait partie des écritures d'inventaire. Pour permettre à la comptabilité de refléter une image fidèle, il faut tenir compte de toutes les charges et de tous les produits de l'exercice.

Cette méthode ne sera généralement utilisée qu'à la condition que ces sommes représentent un montant significatif.

Une entreprise emprunte de l'argent à son banquier. Chaque mois, elle rembourse une quote-part de ce prêt avec une cotisation d'assurance et des intérêts.

A la fin de l'exercice, l'entreprise n'a pas encore calculé et comptabilisé tous les intérêts dus qui correspondent à l'exercice. Le complément, ce sont les intérêts courus non échus.

La comptabilisation de ces intérêts courus non échus se fait au débit du compte 661 « charges d'intérêts ». La contrepartie au crédit est le compte 1688 « intérêts courus ». Ils sont comptabilisés en fin d'exercice et extournés au début de l'exercice suivant.

L'objectif du calcul des intérêts courus

Comme leur nom l'indique, avec la ressemblance entre courus et courir, les intérêts courus sont une somme d'argent non encore payée mais déjà due par l'entreprise.

Ils courent de la date du dernier règlement effectué à la banque jusqu'au dernier jour de l'exercice.

Ces intérêts courus doivent en principe être comptabilisés puisque l'objectif est ici de faire apparaître dans les comptes, la totalité des charges financières de l'exercice.

Ce n'est que lorsque leur montant n'est pas significatif qu'ils pourront être négligés car les charges d'intérêts sont des fruits civils qui s'acquièrent au jour le jour.

Le paiement des charges financières non à terme échu mais à échoir oblige à comptabiliser une charge constatée d'avance pour les mêmes montants. Ce sont des sommes payées mais non totalement courues.

La méthode de calcul des intérêts courus

Le calcul des intérêts courus permet de tenir compte des fruits civils en cours d'acquisition par la banque jusqu'à la date de clôture.

Il faut donc calculer un prorata entre la date du dernier règlement et la date de clôture.

Les quatre étapes du calcul seront les suivantes :

Étape 1 : Déterminer le nombre de jours entre le dernier versement et la clôture de l'exercice.

Étape 2 : Déterminer le nombre de jours de la période concernée. Si les paiements sont mensuels : 30 jours. Si les paiements sont trimestriels : 90 jours. On utilisera généralement l'année commerciale à 360 jours.

Étape 3 : Déterminer le montant des intérêts de la période (voir l'échéancier) et correspondant au paiement suivant.

Étape 4 : Calculer le montant des intérêts courus.

Exemple

Une entreprise emprunte en mai 2018, la somme de 200 000¤ remboursable en cinq ans au taux de 5%. Le montant de l'assurance est de 100¤ (0.5 pour mille du montant emprunté). Le premier remboursement a lieu le 20 juin.

Elle rembourse 3 874,25¤ par mois.

Le 20 janvier 2019, la part d'intérêt est fixée à 746,48¤ selon le tableau d'amortissement de l'emprunt.


Étape 1 : Nombre de jours jusqu'à la fin du mois, année commerciale : 10 jours

Étape 2 : Nombre de jours entre deux échéances : 30 jours

Étape 3 : Montant total pour la période : 746,84¤

Étape 4 : Montant des intérêts courus à comptabiliser : 746,84 * 10 / 30 = 248,95¤

Ceux qui utilisent l'année civile à 365 jours et comptent le nombre de jours exacts obtiendront : 746,84 * 11 / 31 = 265¤.
La méthode commerciale est plus rapide et plus simple. La différence est minime pour cette « provision ».

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Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online, média communautaire 100% digital destiné aux professions du Chiffre depuis 2003.
J'interviens sur Compta Online depuis 2007 et j'ai rejoint l'équipe en 2014. Mes articles abordent la comptabilité, la fiscalité, le droit social, les IFRS, mais aussi l'intelligence artificielle, la blockchain...
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