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Aspects fiscaux de la location-gérance

Article écrit par Cattier Clotilde sur LinkedIn (404 articles)
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La fiscalité de la location-gérance

La location-gérance d'un fonds de commerce ou d'un fonds artisanal s'entend de la convention par laquelle le propriétaire d'un fonds en concède la location à un gérant qui l'exploite à ses risques et périls.

Pour plus de détails sur le régime juridique de la location-gérance, veuillez consulter l'article « La location - gérance du fonds ».

Ce mécanisme constitue une solution adaptée à la transmission d'une entreprise individuelle. Dans ce contexte, il est souvent utilisé à titre de mesure préparatoire à la cession du fonds lui-même, de manière à permettre au repreneur d'être associé à la marche de l'entreprise et de tester le potentiel de l'entreprise qu'il envisage d'acheter.

Sur le plan fiscal, le traitement fiscal de la location-gérance est présenté ci-après.

 

Conséquences fiscales lors de la mise en location-gérance

La mise en location-gérance d'un fonds n'entraîne pas les conséquences de la cessation d'entreprise dans la mesure où elle constitue un simple changement du mode d'exploitation de l'entreprise. Dès lors, cette opération ne déclenche pas la taxation immédiate des bénéfices ni des plus-values affectant les actifs de l'entreprise.

Les redevances versées par le gérant au bailleur sont assujetties à la TVA. Le cas échéant, la cession des stocks de marchandises est également assujettie à la TVA.

 

Régime fiscal de la location-gérance

S'agissant du bailleur personne physique, les redevances versées par le gérant sont taxables au barème progressif de l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Cette activité n'ayant pas un caractère professionnel, les déficits éventuellement réalisés ne peuvent pas être imputés sur son revenu global mais uniquement sur les revenus des six années suivantes provenant d'activités semblables. Les redevances sont également assujetties aux prélèvements sociaux (sauf lorsque le bailleur exerce une activité dans l'entreprise louée, les redevances sont assimilés à des revenus du patrimoine au regard des prélèvements sociaux).

Lorsque le bailleur est une personne morale relevant de l'impôt sur les sociétés, les redevances acquittées par le gérant entre dans le résultat imposable au dit impôt.

Le bailleur est passible de la TVA au titre des redevances qu'il perçoit. Il est également assujetti à la cotisation foncière des entreprises mais, dans la plupart des cas, il ne doit que la cotisation minimum.

Enfin, le bailleur est solidairement responsable, avec le gérant, des impôts directs dus à raison de l'exploitation du fonds. Cette responsabilité n'est pas limitée dans le temps et peut être mise en cause après l'expiration du contrat de location-gérance, à condition qu'il s'agisse d'un impôt dont le fait générateur est antérieur à la fin dudit contrat.

S'agissant du gérant, il est imposable sur le bénéfice net qu'il réalise, après déduction des redevances qu'il verse au bailleur. Si le gérant est une personne physique, ce bénéfice est assujetti au barème progressif de l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux.

La déductibilité des redevances peut, le cas échéant, être remise en cause par l'administration fiscale lorsqu'elles sont considérées comme excessives ou qu'elles dissimulent une cession déguisée du fonds de commerce.

La TVA afférente aux redevances versées au bailleur est en principe déductible de la TVA dont il est redevable à raison de l'exploitation du fonds.

Le gérant est assujetti à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, ainsi qu'à la cotisation foncière des entreprises sur la valeur locative des locaux et terrains qu'il utilise pour les besoins de son activité, même si ces biens appartiennent au bailleur.

 

Régime fiscal à l'expiration de la location-gérance

En cas de rachat du fonds par le gérant, le bailleur peut appliquer, le cas échéant, le régime d'exonération total ou partiel des plus-values prévu à l'article 238 quindecies du CGI.

Pour plus de détails à ce sujet, veuillez consulter l'article « Régimes dérogatoires applicables aux plus-values réalisées à l'occasion de la cession d'une entreprise individuelle ».


Clotilde Cattier

Clotilde Cattier, avocate spécialisée en fiscalité, inscrite au Barreau de Paris.
Contact : contact@clotilde-cattier.com

Après avoir passé deux ans chez STC Partners et six ans chez Taj (Deloitte), Clotilde a rejoint le cabinet Room Avocats, en Suisse. Elle partage son temps entre Paris et la Suisse.

Ses principaux domaines d'intervention, en fiscalité française et internationale, sont les suivants :

  • fiscalité patrimoniale (restructuration de patrimoine, transmission de patrimoine, acquisition/détention/cession de biens immobiliers, etc.) ;
  • fiscalité des particuliers (imposition des cadres internationaux et des dirigeants, traitement fiscal des pensions de retraite versées sous forme de capital, etc.) ;
  • installation en Suisse de personnes physiques et de sociétés ;
  • fiscalité générale des entreprises (restructurations, assistance à contrôle fiscale, intégration fiscale, problématiques de remontée des liquidités, etc.) ;
  • fiscalité immobilière (fiscalité des marchands de biens et des promoteurs immobiliers) ;
  • fiscalité internationale (transactions transfrontalières, traitement fiscal des flux internationaux, etc.) ;
  • opérations de fusions-acquisitions ;
  • régularisation de la situation fiscale des français détenant des avoirs non déclarés à l'étranger.
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