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Adapter le cabinet au monde qui change : un travail d'équipe !

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« Ne rien faire face aux changements est déjà une décision »

La transformation des cabinets d'expertise comptable est inéluctable. Pourtant, il semble aussi qu'il reste quelques « irréductibles gaulois » réfractaires au changement et qui craignent de se lancer dans l'automatisation, par crainte de ne pas pouvoir rentabiliser leur investissement avant plusieurs années. C'est aussi à eux que s'adressait la conférence « adapter le cabinet au monde qui change » proposée par l'Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France.

Aujourd'hui, être un professionnel compétent dans son domaine d'activité ne suffit plus. Il faut aussi avoir un certain nombre de qualités humaines qui peuvent se développer avec un peu de volonté.

 

Faire face au changement pour ne pas le subir !

Les experts-comptables vivent des changements constants, des changements dans la réglementation, dans leurs normes professionnelles, dans les technologies. Les changements actuels sont sans commune mesure avec ce qu'on connu les professionnels jusqu'à présent.

Pour de nombreux professionnels, la conformité à la réglementation est devenue la principale réponse que doit apporter un cabinet d'expertise comptable à ses clients. Trop occupés par les missions traditionnelles et le déclaratif, ils ne peuvent s'orienter vers le conseil.

À ce stade, il s'agit de prendre conscience du fait qu'il n'y a que deux attitudes possibles :

  • soit le cabinet d'expertise comptable décide de ne rien faire et de subir les changements ;
  • soit il devient proactif, acteur des changements.

Être proactif et anticiper les changements est le meilleur moyen de développer son cabinet et d'en faciliter la cession le moment venu. Ne rien faire face aux changements à venir est déjà une décision.

 

Gagner du temps sur la production pour développer de nouvelles missions

Adapter le cabinet aux évolutions actuelles, c'est d'abord « gagner du temps sur les process de production pour libérer les collaborateurs et être capable de mettre en oeuvre de nouvelles missions » estime Philippe Barré, expert-comptable et consultant. Mais « cela ne veut pas dire qu'il faut obliger tous les clients à s'adapter. Le cabinet conserve toujours la possibilité de s'occuper de tout, en numérisant la boite à chaussures pour gagner 20 ou 30% de coût de production sur le dossier ». Le client choisit le type de relation qu'il souhaite avoir avec son cabinet.

Pour aider les experts-comptables franciliens, l'Ordre des experts-comptables de Paris a recensé environ 70 logiciels sur la plateforme des outils numériques » précise Laurent Benoudiz, président de l'Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France. « Les outils sont soit signalés par les experts-comptables soit par les éditeurs eux-mêmes et lorsque l'expert-comptable s'identifie sur la plateforme avec expertpass, il peut consulter les notes attribuées et les commentaires déposés par d'autres confrères ».


Repérer les collaborateurs motivés par les évolutions pour survivre à l'automatisation totale

Pour Philippe Barré, les missions de demain « doivent avoir la même récurrence que les missions traditionnelles et être produites par les mêmes collaborateurs ». Ce sont des missions d'accompagnement accessibles à tous les collaborateurs qui ont l'habitude de travailler avec et connaissent bien les clients du cabinet.

Mais pour y parvenir, ils doivent avoir la volonté d'évoluer, accepter de changer de posture pour que le déclaratif devienne une tâche secondaire. « Ils doivent réfléchir en termes d'utilité client ».

Le cabinet gagne donc à « commencer avec les collaborateurs qui ont envie de changer. Si tout se passe bien, ils seront ravis et satisfaits de leurs nouvelles fonctions. S'opérera alors un effet de contagion au sein du cabinet qui donnera envie aux collaborateurs plus réticents » précise Laurent Benoudiz.

À l'ASFOREF, trois formations dédiées aux collaborateurs doivent les aider à changer de posture et à réorganiser leurs process.

Car le changement au sein du cabinet est un travail d'équipe qui doit engager aussi bien l'expert-comptable que ses collaborateurs. « Les logiciels ou algorithmes qui font de la comptabilité sans être inscrits à l'ordre et sans faire de l'exercice illégal parce qu'il n'y a aucune intervention humaine existent déjà. Ils s'appellent Georges Tech ou encore Selfmed. » rappelle encore Laurent Benoudiz.

Avec eux, le monopole des experts-comptables pour la tenue des comptes ne disparaît pas sur le plan juridique, il disparaît en pratique, remplacé par ces nouvelles applications.


Sandra Schmidt

Sandra Schmidt
Directrice de la rédaction sur Compta Online

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